• La principauté de Bénévent

     

    La principauté de Bénévent

    Un bon domaine pour un serviteur douteux 1806-1815

    Après la paix de Presbourg signée en 1805 entre la France et lAutriche, Napoléon songe à recréer dans le royaume d’Italie, dont il est le souve­rain, un certain nombre de principautés qu’il attribuerait à des collaborateurs.

    En mai 1806, Talleyrand, alors ministre des Affaires extérieures, adresse deux rapports à Napoléon où il lui parle adroitement d’annexer les deux duchés de Bénévent et de Pontecorvo qui appartenaient auparavant à l’Eglise. Le 5 juin 1806, Napoléon décide de trans­férer à Talleyrand «la principauté de Bé­névent avec le titre de prince et duc de Bénévent pour la posséder en toute pro­priété et souveraineté et comme fief immédiat à sa couronne». L’ancien duché de Pontecorvo revient au maré­chal Bernadotte.

    Dès le 16 juin, Talleyrand dépêche dans son nouveau domaine, qui comprend 40000 habitants dont 18000 pour la seule ville de Bénévent, Alexandre Du- fresne de Saint-Léon, conseiller d’Etat honoraire; il lui donne des instruc­tions précises et lui demande en par­ticulier que, «dès les premiers moments, l’autorité papale ne se voie plus et qu’au bout de quelques semaines elle dispa­raisse complètement». De son côté, Joseph Bonaparte, alors roi de Naples, occupe la principauté avec un détache­ment militaire, en dépit des protestations du Saint-Siège.

    A Paris, Gaspard Roux de La Rochelle devient l’administrateur principal de la principauté; à Bénévent même, Dufres- ne de Saint-Léon est remplacé par Louis de Beer qui conservera son poste jus­qu’à la fin de PEmpire. Celui-ci se heur­te à de nombreuses difficultés: les nobles bénéventins refusent de collaborer avec la France; les impôts rentrent mal et le brigandage s’installe, devenant un véri­table fléau. Sur les conseils de Talley­rand, des peines capitales sont pronon­cées et les sentences exécutées, mais l’ancien ministre est trop occupé pour visiter ses Etats.

    Toutefois, Talleyrand ne néglige pas ses devoirs de souverain: il fait introduire, en 1807, le Code Napoléon et, en 1812, le Code d’instruction criminel; il crée des écoles, un lycée de garçons, fonde une bibliothèque et se préoccupe de la restauration du célèbre arc de Trajan. Mais à la chute de PEmpire, Murât, qui, depuis longtemps, convoitait la princi­pauté, profite des difficultés de Napo­léon et de Talleyrand pour s’emparer du Bénévent et l’annexer à son royaume de Naples en 1814.

     

    Le 4 juin 1815, le congrès de Vienne dé­cide la restitution du duché de Bénévent au Saint-Siège.

    « Les adieux de FontainebleauLes Bourbons »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :