• La bataille de Poitiers 17 octobre 732

    Le salut de l'Occident

    Semant la terreur sur leur passage, des groupes de cavaliers musulmans (sans doute moins nombreux que les histo­riens classiques ne l’ont affirmé), ayant franchi en 711 le détroit de Gibraltar, écrasèrent le roi des Wisigoths Rodri­gue, venu à leur rencontre, et pillèrent Cordoue, Malaga, Tolède. Une fois ins­tallés en Espagne, ils portèrent leurs regards vers la Gaule. Les troupes de l’émir El-Samh passèrent les Pyrénées- Orientales et s’emparèrent de l’Etat des Goths, la Septimanie (719), saccageant Nîmes, Narbonne, Carcassonne. Le raid se poursuivit dans la vallée du Rhône et les bandes armées arrivèrent jusqu’à Autun (725). Entre-temps, El- Samh avait trouvé la mort devant Tou­louse (721), défendue par le duc d’Aqui­taine, Eudes. Mais ce n’était là qu’un dé­but. Vers 731, l’émir Abd al-Rahman, parti de Pampelune, traversa les Pyré­nées de l’Ouest, vainquit Eudes d’Aqui­taine et mit à sac Bordeaux. Ayant entendu parler des trésors de Saint- Martin de Tours, il remonta avec ses cavaliers vers le nord. Qui donc allait pouvoir s’opposer aux envahisseurs? En 687, Pépin d’Herstal était devenu maître des deux royaumes francs de Neustrie et d’Austrasie. A sa mort (714), ses descendants se disputèrent son héritage. Parmi eux, Charles, son fils bâtard (né vers 685), réussit à évin­cer ses neveux. Ses victoires et son ardeur au combat lui valurent le surnom de «Martel» (marteau). Pour lui, le plus grand danger venait d’Abd al-Rahman, le vainqueur d’Eudes d’Aquitaine, lequel demandait mainte­nant l’appui de Charles Martel. Celui-ci alla au-devant des musulmans. La ren­contre se produisit le 17 octobre 732 (J.-H. Roy et J. Deviosse dans La Bataille de Poitiers préfèrent la date 733 à celle de 732), près de Poitiers, où les pillards avaient déjà saccagé le monastère de Saint-Hilaire. Les cava­liers musulmans se heurtèrent à la fer­meté des Francs. La mort d’Abd al- Rahman, tué au combat, fut sans doute le signal de la débandade. Plus tard, Charles Martel reprit Bordeaux et la plus grande partie de l’Aquitaine, péné­tra en Bourgogne, reconquit la vallée du Rhône et la Provence. Il échoua cepen­dant devant Narbonne. La valeur guer­rière et le sens politique de Charles Mar­tel n’ont jamais été contestés, mais on a discuté l’importance de la victoire de Poitiers. A-t-elle, selon la plupart des historiens, sauvé l’Europe de l’islam? S’est-elle réduite à un engagement du chef franc contre quelques poignées d’envahisseurs venus des Pyrénées? Ce qui est indéniable, c’est que Charles Martel refit l’unité de la Gaule. Mais avant de mourir, à Quierzy-sur-Oise, le 22 octobre 741, il partagea son royau­me entre ses fils, Pépin le Bref et Carloman.


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