• Le traite de Trianon - 4 juin 1920

    Le traite de Trianon - 4 juin 1920

    La HONGRIE mutilée

     

    A la fin de 1918, l’Autriche-Hongrie est en pleine désagrégation. Au début d’octobre, Polonais, Yougoslaves et Tchèques proclament leur indépendan­ce. Wilson refuse de négocier avec l’Autriche-Hongrie en tant qu’empire; comme les Alliés, il se rallie à l’indépen­dance des peuples slaves. La victoire ita­lienne de Vittorio Veneto ayant rendu indispensable la conclusion d’un armis­tice, ce dernier est signé à Villa Giusti. L’empereur Charles s’enfuit en Hongrie, puis abdique. Le démembrement de l’Empire austro- hongrois est sanctionné par le traité de Saint-Germain, signé le 10 septembre 1919 avec l’Autriche, et par le traité de Trianon, signé le 4 juin 1920 avec la Hongrie. Celle-ci est considérée comme une des responsables de la guerre, au même titre que l’Autriche, et gratifiée de conditions tout aussi dures. Réduite au centre de la plaine pannonienne, avec une superficie de 92 883 km2 et une population de 7 millions d’habitants, elle perd les deux tiers de son territoire: la Slovaquie et la Ruthénie sont attribuées à la Tchécoslo­vaquie; la Transylvanie et le Banat oriental vont grossir la Roumanie; la Croatie, la Slavonie, le Banat occidental entrent dans les frontières du nouvel Etat yougoslave; enfin, le Burgenland, sauf la région de Sopron, échoit à l’Autriche. Comme cette dernière, la Hongrie n’est plus qu’un petit Etat grou­pé autour d’une capitale trop vaste, Budapest, dernier vestige de sa grandeur passée. Elle doit aussi payer des répara­tions et sa force militaire est réduite à une armée de métier de 35000 hommes. L’instauration à Budapest, le 21 mars 1919, d’un régime communiste dirigé par Béla Kun, et qui dure cent trente- trois jours, retarde la signature du traité de Trianon. Grâcd! au soutien de l’armée française, un gouvernement contre- révolutionnaire, dirigé par l’amiral Hor- thy, parvient à renverser Béla Kun; il prépare ouvertement le retour des Habs­bourg. Les Alliés, sous la pression des voisins de la Hongrie, s’y opposent et approuvent les dures conditions faites à Trianon. Mais le 6 mai 1920, Millerand, qui vient de succéder à Clemenceau battu aux élections, tente de négocier son soutien au révisionnisme hongrois contre des privilèges financiers. L’intri­gue échoue et la Hongrie doit se résigner à signer; c’est chose faite le 4 juin 1920, avec ratification le 13 novembre. Trois millions de Hongrois passent sous domi­nation étrangère, d’où une instabilité permanente dans toute l’Europe centrale et orientale. Consciente de sa gran­de histoire, évoquant ses «Alsace- Lorraine», la Hongrie revendique pen­dant vingt ans ses anciennes limites. Dès 1938, à la faveur de l’expansion hitlé­rienne, elle recouvre une partie de ses provinces perdues: la Ruthénie, la Tran­sylvanie septentrionale et une portion du Banat; mais la Seconde Guerre mondia­le la ramène finalement à ses frontières de Trianon.

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  • Commentaires

    1
    David
    Mardi 31 Mars à 18:08

    Un traité revanchard et humiliant pour les hongrois, il ne faut pas s'étonner si aujourd'hui encore les hongrois et leurs voisins autrichiens ne peuvent pas nous voire en peinture, qu'auraient dit les français si c'était leur pays qu'on découpe? Déjà qu'ils n'avaient pas encaissé la perte de l'Alsace-lorraine en 1871...Franchement on s'est mal comporté là, on ne valait pas mieux que le Kaiser ou Bismark (et nos alliés non plus), quand à la responsabilité de la guerre je considère que tout le monde est responsable, tout le monde voulait en découdre.

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