• Philippe Ier - 1060-1108

    Philippe Ier - 1060-1108

    Le roi excommunié

    Philippe Ier naît en 1052 du roi Henri Ier et de la reine Anne de Kiev qui donne à son fils un nom bien connu dans les pays de culture byzantine, mais encore inusité en France. Sacré dès 1059, du vivant de son père, selon l’usage, Philip­pe Ier lui succède sans difficulté l’année suivante. Il entame un règne de qua­rante-huit ans, l’un des plus longs de l’histoire de France mais non pas l’un des plus glorieux. Ses démêlés avec l’Eglise lui vaudront une très mauvaise réputation. En fait, il agit de manière pragmatique, à l’aide des faibles moyens dont il dispose; il faut distinguer d’ailleurs la première partie de son règne, qui va jusqu’en 1092, de celle qui suit. Plein d’illusions sur la puissance réelle de la monarchie, il intervient en 1071 dans les affaires de Flandre: il y est vaincu, bien qu’il se soit emparé de Corbie. Instruit par cette expérience, il s’attache désormais à lutter contre le duc de Normandie Guillaume, devenu roi d’Angleterre en 1066, puis, après la mort du Conquérant, contre son fils Guillaume le Roux; en 1098, ce dernier menace Paris que sauve la résistance de Chaumont et de Pontoise. En même temps, Philippe Ier s’efforce d’accroître les ressources encore bien modestes de la monarchie. C’est lui qui inaugure la politique d’annexions au domaine royal que vont poursuivre ses successeurs. S’il investit son frère Hugues de la partie du Vermandois dont il s’est emparé, il garde le Vexin qui protège Paris du côté de la Normandie. Il acquiert  aussi le Gâtinais; en 1101, le vicomte de Bourges, à court d’argent au moment de partir pour la Terre sainte, lui vend sa ville et ses environs: le domaine royal s’étend désormais au sud de la Loire. Mais le roi a bien du mal à y faire respecter son autorité: en 1081, Philippe Ier subit un échec retentissant face au seigneur du Puiset dont l’ambi­tion menace la route Paris-Orléans, axe vital pour la monarchie; peu de temps avant sa mort, dans la même région, le roi s’empare de Montlhéry. Toujours pour accroître ses ressources, il s’oppo­se à la réforme de l’Eglise, alors en plein essor, qui l’aurait mis dans l’impossibili­té de vendre les dignités religieuses. Le conflit du roi avec l’Eglise devient aigu lorsqu’en 1092 Philippe Ier ose ré­pudier sa femme pour épouser celle du comte d’Anjou, Bertrade de Montfort. Excommuniés, les deux époux résistent non sans l’aide d’un certain nombre de prélats et de barons. Mais Philippe s’use dans cette lutte stérile: à partir de 1098, le pouvoir passe aux mains du prince Louis, alors associé à la couronne; celui-ci doit lutter contre les Anglo- Normands mais aussi contre sa belle- mère Bertrade, qui essaie en vain de pousser vers le trône les deux fils qu’elle a eus du roi. Celui-ci meurt en juillet 1108, laissant au jeune Louis VI un pouvoir ébranlé.

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