• Odilon Barrot

     

    Odilon Barrot

    Un modéré convaincu

    Odilon Barrot accueille avec joie la Res­tauration mais, après les Cent-Jours, la Terreur blanche le jette dans l’opposi­tion libérale. Ce jeune avocat se fait, au barreau, le défenseur des accusés des grands procès du régime. Il plaide ainsi en faveur des protestants du Midi qui ont refusé de pavoiser à l’occasion de la Fête-Dieu: «La loi doit être athée», proclame-t-il. Il préside bientôt la socié­té «Aide-toi, le ciel t’aidera». Odilon Barrot veut demeurer dans le cadre de la légalité et la révolution de 1830 le prend de court. Secrétaire de la commis­sion municipale de l’Hôtel de Ville, il plaide contre la proclamation de la Ré­publique auprès de La Fayette, favori­sant ainsi l’avènement de la monarchie de Juillet. Le nouveau régime le nomme préfet de la Seine. Mais, en 1831, ses adversaires lui reprochent de ne pas avoir empêché le sac de l’archevêché et il doit donner sa démission.

     

    Barrot retourne à l’opposition. Il a été élu député de l’Eure en 1830 et, à la Chambre, il devient le chef de file de la «gauche dynastique». S’il condamne les excès des conservateurs au pouvoir, il demeure fidèle au principe de la monar­chie. «La France de 1830 a pensé, comme la France de 1789, que la royauté héréditaire n’a rien d’inconci­liable avec les principes de liberté», dit- il. Adversaire acharné de Guizot, Barrot est l’organisateur de la «campagne des banquets» qui va être fatale au régime. Appelé par Thiers au gouvernement après la démission de Guizot, Barrot est dépassé par les événements; en dépit de ses efforts, il ne peut empêcher l’abdica­tion de Louis-Philippe ni imposer la ré­gence de la duchesse d’Orléans. La Ré­publique est proclamée. Elu député de l’Aisne à la Constituante, Barrot siège à droite. Louis-Napoléon Bonaparte, élu prési­dent de la République, le charge de for­mer le ministère (20 décembre 1848). Barrot mène une politique réactionnai­re: il s’efforce de hâter la dissolution de la Constituante, repousse l’amnistie, supprime les clubs, restreint les libertés de presse et de réunion; il assume la res­ponsabilité de l’expédition de Rome et réprime l’insurrection des démocrates qui y sont opposés. Les élections législa­tives donnent une confortable majorité à la droite et Louis-Napoléon peut congé­dier ce ministère devenu encombrant (30 octobre 1849). De nouveau simple député, Barrot s’oppose au coup d’Etat du 2-Décembre et figure parmi les parle­mentaires arrêtés. Il renonce à toute activité politique sous le second Empire mais, en 1872, Thiers le fait président du Conseil d’Etat. Il s’éteint l’année sui­vante.

    « L’affaire de PéronneGeorges Clemenceau »

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