• Montparnasse

     

     

    Montparnasse

     

     

    Un haut lieu de l’esprit 

    Prolongement du Quartier latin, le mont Parnasse doit son nom aux poètes et aux étudiants qui, au XVIIIe siècle, en fréquentaient les guinguettes et les bals champêtres. C’était un faubourg encom­bré par les déblais, provenant de l’exploi­tation de carrières.

    Annexé à Paris en 1860, à cheval sur le VIe et le XIVe arrondissement, délimi­té par les boulevards de Port-Royal, Arago, Raspail, et l’avenue du Maine, le quartier Montparnasse compte encore, au début du siècle, des vergers, des fer­mes, des vignes, de grands jardins cal­mes, propriétés de couvents, de vastes écuries pour les cochers de fiacre et la Société des voitures de Paris. C’est au milieu des champs qu’a surgi la rue de la Gaîté, dont les petits théâtres (le casino Montparnasse, la Gaîté- Montparnasse et, surtout, Bobino) sont fréquentés, dès avant 1914, par le public populaire.

    A la fin du XIXe siècle, le quartier, ré­puté pour son bon air, est habité surtout par des universitaires et des artistes; ceux-ci sont des notabilités des beaux- arts et des médaillés des Salons (Caro- lus Duran, Bouguereau, J.-P. Laurens). Une ancienne guinguette, La Closerie des Lilas, réunit des poètes (Jean Moréas, Paul Fort...), puis, vers 1906, Max Jacob, Apollinaire et, à leur sui­te, la bande des Montmartrois avec Picasso.

    A partir de 1910, la butte est définitive­ment délaissée au profit de Montparnas­se. Entre les immeubles neufs en chan­tier, de vieilles bâtisses sans confort abritent des colonies d’artistes. Les plus pauvres, et souvent ceux qui vont deve­nir les plus célèbres, logent à la «Ru­che», cité Falguière ou impasse Rons- sin. Bien que d’origines et de tendances diverses, Modigliani, Braque, Pascin, Chirico, Kisling, Bonnard, Friesz, Léger, Soutine, Derain, Mondrian, Zadkine, le douanier Rousseau, les sculpteurs Bour- delle et Brâncuçi, constituent, à Mont­parnasse, l’école de Paris, appellation générique de l’art contemporain.

    Au lendemain de l’armistice de 1918, l’époque héroïque de Montparnasse, vivier artistique, est terminée; la deuxiè­me couche des Montparnassiens est américaine: des écrivains, Gertrude Stein, Ezra Pound, Fitzgerald, Heming­way, Henry Miller; le sculpteur Calder, le photographe de génie Man Ray, s’éta­blissent dans le voisinage du carrefour Vavin dont les cafés sont mondialement connus (la Rotonde, le Dôme, le Select, la Coupole). Des boîtes de nuit s’ou- vrent; la plus fameuse est le Jockey, temple du jazz. Montparnasse est un des foyers de l’agitation des «années fol­les». Vers 1925, une partie des surréalis­tes campe rue du Château, en une sorte de phalanstère. A partir de 1930, la fête est terminée. Montparnasse redevient peu à peu un quartier banal, mais qui vit encore de sa légende.

     

     

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