• Mazarin - 1602-1661

     

    Mazarin - 1602-1661

    Le chien fidèle

    Comme son compatriote Concini, Mazarin, nommé principal ministre par Anne dAutriche à la mort de Louis XIII, n'était qu’un simple aventurier. Italien de très modeste origine, étudiant famélique en Espagne, Mazarin, né à Pescina, dans les Abruzzes, le 14 juillet 1602, sert d’abord dans l'armée pontifi­cale avant de s’orienter dans la diploma­tie. Envoyé comme nonce à Paris, son habileté attire l’attention de Richelieu qui le fait naturaliser, obtient pour lui le chapeau de cardinal, alors qu’il n’a jamais été prêtre, et le recommande à Louis XIII. A la veille de sa mort, le roi le désigne comme membre du futur con­seil de régence.

     

    D’une intelligence vive, pénétrante, d’un grand sens politique, le nouveau Pre­mier ministre n’en est pas moins l’an­tithèse de Richelieu qu’il affectionne pourtant «par instinct, disait-il, avant même de connaître par expérience ses grandes qualités», et on ne peut s’empê­cher de citer le cardinal de Retz: «L’on voyait sur les degrés du trône, d’où l’âpre et redoutable cardinal de Riche­lieu avait foudroyé plutôt que gouverné les Lorrains, un successeur doux, bé­nin...» Totalement dénué de scrupules, n’hésitant pas à s’enrichir au détriment de l’Etat, Mazarin préfère la ruse à la violence. Mais il saura s’imposer à Anne d’Autriche. Jusqu’en 1648, Mazarin se consacre à la politique extérieure de la France et les traités de Westphalie mettent fin à la guerre avec l’Empire. Mais les exigences fiscales, l’impopularité de sa politique tortueuse servent de prétexte à la Fron­de parlementaire, puis à celle des prin­ces, qui mettent en cause l’absolutisme royal. Au cours de cette dernière crise, qui dure trois ans, Mazarin juge bon de se réfugier en Allemagne, d’où il adresse d’excellents conseils à Anne d’Autriche. Revenu triomphalement en France en 1653, Mazarin laisse à Fouquet le soin de recourir aux habituels expédients financiers, mais il rétablit l’autorité monarchique, poursuit la réconciliation avec les protestants et termine victorieu­sement la guerre contre l’Espagne par la paix des Pyrénées (1659). Ses prodigali­tés lui permettent de se concilier tout un monde de parlementaires, de nobles et d’artistes. En mécène avisé, Mazarin fonde le collège des Quatre-Nations, l’Académie royale de peinture et la bibliothèque Mazarine. Très conscient de ses propres intérêts, il mène une exis­tence fastueuse à Vincennes ou dans sa résidence de Paris, le palais Mazarin. Ces activités ne l’empêchent pas de con­sacrer tous ses soins à l’éducation poli­tique du futur Louis XIV, auquel il lais­se, à sa mort (9 mars 1661), un royau­me disposé à lui obéir.

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