• Madame de Pompadour - 1721-1764

    Madame de Pompadour - 1721-1764

    L’égérie du Bien-Aimé

     

    Jeanne-Antoinette Poisson est la fille d’un agent des frères Pâris, grands financiers du Régime, et, par sa mère, la petite-fille d’un boucher. Ses parents n’épargnent pas leurs écus pour lui faire donner une éducation raffinée. En 1741, un oncle, Le Normant de Tournehem, lui fait épouser son neveu, Charles- Guillaume Le Normant d’Etioles. Une intrigue menée par les familiers de Louis XV sert l’ambition de la petite Poisson: au lendemain de Fontenoy, en juillet 1745, elle est introduite à Versail­les en qualité de «maîtresse déclarée». L’acquisition du domaine de Pompadour la fait marquise et un jugement en sépa­ration de biens la libère d’un époux devenu embarrassant. Le règne de la marquise durera vingt ans et ne se ter­minera qu’à sa mort. Les secrets de son pouvoir, dans les cinq ou six premières années, sont la séduction de sa beauté et de sa grâce; par la suite, sa fidélité et son intelligence. Elle chante et joue la comédie délicieusement; or, Louis XV est grand amateur de théâtre. Elle a le goût sûr et fait appel aux meilleurs artis­tes pour la construction et la décoration de ses châteaux. Véritable mécène, elle protège les encyclopédistes: Marmontel, Crébillon, Helvétius, Voltaire, dont elle facilite l’entrée à l’Académie. Elle fonde la manufacture de Sèvres et soutient de ses deniers, à Paris, la construction de l’Ecole militaire sous la direction de son architecte favori, Gabriel. En 1752, elle a droit au tabouret des dames de quali­té; en 1756, elle est nommée dame d’atour du palais de la reine. C’est vers 1751 que l’influence de la marquise s’étend à la politique: elle fait et défait les ministres, fait renvoyer Machault et d’Argenson, soutient à bon droit Choi- seul, mais aussi des incapables comme l’abbé de Bernis et Soubise, le vaincu de Rossbach. Elle pousse à l’interdiction de l’ordre des Jésuites et, en 1757, entraîne Louis XV dans la guerre de Sept Ans. Jeanne-Antoinette s’est toujours ingé­niée, avec un grand savoir-faire, à dis­traire un roi morose, vite lassé. Active, spirituelle, gaie, elle sait organiser les plaisirs de son amant. Plus tard, demeu­rée une amie sûre, une confidente et une conseillère irremplaçable, elle ferme les yeux sur les rendez-vous galants de Louis XV dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Les encourage-t-elle? les organise-t-elle? On l’a dit sans preu­ves; elle a certes intérêt à les contrôler: les fillettes de passage sont moins dan­gereuses pour elle qu’une rivale unique. La période Pompadour est la plus importante du règne de Louis XV. La marquise crée un style auquel son nom reste attaché. Toutefois, elle est impopu­laire: la noblesse accepte mal l’introduc­tion d’une bourgeoise à Versailles; le peuple lui reproche ses dépenses consi­dérables; les esprits clairvoyants dénon­cent ses intrigues politiques et sa volonté de domination.

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