• Louise Labé

    La belle cordière

    Louise Labé

    Née à Lyon en 1524, de Pierre Charly ou Charlieu, dit Labé, d'origine italien­ne, d’une beauté et d’un esprit remar­quables, Louise Labé représente le cou­rant «féministe» de la Renaissance. Mais peu importe le sexe en présence du talent.

    Une éducation parfaite conjugue chez elle l’érudition, l’amour des lettres classi­ques, l’habileté à lequitation et à l’escri­me. Elle a la passion de l’aventure: à 16 ans, elle accompagne les troupes royales qui passent par Lyon sur la route du Roussillon. Les soldats l’appellent «Ca­pitaine Loys». Au retour, elle épouse un riche cordier, Ennemond Perrin, qui l'admire et la comprend.

    Elle tient à Lyon, véritable capitale du royaume au moment des guerres d’Ita­lie, une cour brillante où se retrouvent galants et beaux esprits. Elle y brille par son œuvre poétique qui paraît en 1555. Elle revendique pour les femmes un sta­tut social qui inquiète quelque peu la gent masculine; pour elle, la femme doit participer à la promotion des idées nou­velles. Dans une épître dédicatoire à Clémence de Bourges, Lyonnaise, Loui­se Labé explique que la science est géné­ratrice: d’honneur, de vertu, grâce à l’émulation qu’elle suscite entre les sexes; de plaisir, par le contentement durable qui naît de l’étude.

    Les sonnets de Louise Labé révèlent la poésie de son âme. «La Belle Cordière», évoquant les contradictions de l’amour, rajeunit ce thème traditionnel: «Je vis, je meurs...» Elle subit les assauts d’Eros sans les vouloir ni les prévoir, soupirant:

     «Mon bien s’en va, et à jamais il dure...» Elle rapproche le printemps du monde et celui des sentiments; entre la nature et l’âme humaine, elle établit mille corres­pondances, s’adressant à Zéphir comme à un confident qui serait un peu magi­cien. A la métamorphose de la nature correspond, sous l’effet de l’amour, la métamorphose de la femme. Enfin, l’emploi heureux du trimètre s’ajoute, chez Louise Labé, à la musicalité du vers.

     

    Lyrique mais aussi lucide, elle dépeint l’amour comme un sentiment fatal et tyrannique: il choisit son heure et n’a aucun égard à l’âge; elle évoque «l’âpre rigueur de son tardif tourment»; si elle souffre des critiques adressées à sa vie, elle ne rend pas la pareille; sans illusions sur les atteintes de l’âge, elle dépeint le «ridé labourage» et «le chef gris» comme la vaine ambition de ressusciter la beauté perdue. Louise Labé meurt à Lyon en 1566, laissant trois élégies, vingt-quatre son­nets et un drame au thème classique, Débat de la Folie et d’Amour

    « L’abbé Prévost Turenne »

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