• Les rois fainéants - 639-751

     

    Les rois fainéants - 639-751

    La fin d'une dynastie

    Il faut un siècle aux «rois fainéants» pour conduire la dynastie mérovingien­ne à sa perte. De 629 à 639, Dagobert Ier est, en dépit de la légende, le dernier souverain à diriger l’ensemble du royau­me franc et à freiner une décadence entamée depuis la fin du VIe siècle. Dé­sormais, l’histoire de la Gaule est celle de l’antagonisme entre l’Austrasie, cen­trée sur les pays rhénans, fortement ger­manisés, et la Neustrie où, entre la Som­me, la Meuse et la Loire, l’empreinte romaine s’est mieux conservée, les ré­gions périphériques, comme l'Aquitaine, la Provence ou la Bavière, retrouvant plus ou moins leur autonomie. Les rois ne sont plus les maîtres. En effet, faute de ressources qu’une admi­nistration rudimentaire ne peut leur fournir, ils ont dû distribuer leurs trésors et leurs domaines pour s’assurer des fidélités. De plus, le trône échoit d’ordi­naire à des enfants ou à des adolescents maladifs, mourant jeunes, épuisés par les excès. Face à ces pâles figures (Clo- taire III, Thierri III, Clovis III, etc.) grandit la puissance des maires du palais. Le maire du palais, le premier des officiers de la cour royale, a d’abord été le représentant du roi près de l’aristocratie; puis, à mesure que celle-ci s’est renforcée, il en est devenu le porte-parole, avant d’en apparaître comme le chef. Il se trouve ainsi à la tête du réseau de fidélités qui, auparavant, convergeait vers le roi; comme c’est lui qui dispose des plus grands domaines, il peut encore accroître le nombre de ses fidèles en leur distribuant des terres. Les maires du palais de la Neustrie l’emportent tout d’abord avec Ebroïn qui, après avoir fait assassiner l’évêque d’Autun, Léger, soumet aussi la Bour­gogne. Mais, en Austrasie, grandit le pouvoir des maires issus de la famille des Pippinides, ancêtres des Carolin­giens, célèbre depuis Pépin Ier de Lan- den: en 687, Pépin II d’Herstal vainc définitivement la Neustrie à la bataille de Tertry. Il exerce désormais toute la réalité du pouvoir, même si l’image d’un roi affalé dans un chariot lentement traî­né par des bœufs, que popularise la pro­pagande carolingienne, est sans doute excessive. La victoire de Poitiers, suivie de la soumission de l’Aquitaine, accroît encore le prestige de Charles Martel, fils de Pépin II. Lorsque le roi Thierri IV meurt en 737, on met six ans à le rem­placer. En 751. Pépin III le Bref, ayant fait constater par le pape qu’il exerce effectivement le pouvoir, se fait élire roi, puis sacrer, après avoir fait déposer le dernier des Mérovingiens. Celui-là, dé­pouillé de sa longue chevelure, signe de son pouvoir royal, est enfermé dans un monastère. Ainsi disparaissent les «rois fainéants»; mais depuis bien longtemps ils n’avaient plus rien à faire...

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