• Les premières automobiles - 1883-1913

    La conquête de la route

     «Vos voitures sont bien laides et sentent bien mauvais», ne peut s'empêcher de dire le président de la République, Félix Faure, lors de l’inauguration du Salon de 1898 sur l’esplanade des Tuileries. De fait, les monstres pétaradants qui terrorisent les campagnes et disparais­sent dans un nuage de poussière n’ont pas l’élégance ni même encore les per­formances des équipages. Le fonction­nement est des plus capricieux, les pan­nes d’allumage sont fréquentes, les ennuis de carburation constants. On doit s’estimer satisfait quand la vitesse atteint 15 à 20 km/h. A la fin du XIXe siècle, plusieurs modè­les se disputent les suffrages du public. Les véhicules à vapeur ont encore leurs partisans, ainsi que la traction électrique due à Jeantaud. Mais le moteur à explo­sion, malgré ses imperfections, tend à l’emporter. Pas besoin d’allumage inter­minable, de mise en pression; inutiles également les lourdes batteries de plomb, d’un encombrement prohibitif. Une foule de constructeurs s’orientent dans cette direction: Amédée Bollée, Panhard, Levassor, Renault, Peugeot, de Dion, Bouton... En fait, ils ne livrent que des châssis. Pour les privilégiés qui ont les moyens de s’acheter une voiture, il est nécessaire de recourir à l’habillage d'un carrossier. La voiture, encore balbutiante, qu’amé­liorera l’utilisation du pneu lancé par les Michelin, suscite non seulement la pas­sion d’une minorité de fanatiques, mais l’enthousiasme des foules, qui se déchaînent lors des compétitions. Les premiè­res épreuves ont lieu en 1894 et 1895 avec Paris-Rouen et Paris-Bordeaux- Paris. Les itinéraires deviennent de plus en plus longs. Paris-Berlin en 1901, Paris-Vienne en 1902, et le tragique Paris-Madrid en 1903, qu’il faut inter­rompre à Bordeaux à la suite de drama­tiques accidents. Marcel Renault y trou­ve la mort. A partir de 1904, la voiture cesse d’être un jouet et un instrument de records pour devenir un outil de travail. Cette année-là, les postes s’équipent de véhi­cules électriques. Les grands magasins emboîtent le pas. Les pompiers de Paris suivent, adoptant le moteur à explosion. Le premier taxi de la Compagnie des autoplaces apparaît lui aussi en 1904 et plusieurs généraux utilisent la voiture lors des grandes manœuvres de l’Est. La production française dépasse 30000 vé­hicules sur un total de 53000 fabriqués dans le monde. Les progrès techniques sont d’une rapidité extraordinaire et, dé­sormais, nombre de médecins, de com­merçants, d’industriels se servent de la voiture pour l’exercice de leur métier. En 1913, le «parc» français compte 110000 véhicules. La voiture a gagné la partie. Elle élimine le cheval et s’apprête à concurrencer le train.

     

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