• Léon Gambetta - 1838/1882

     

    Léon Gambetta - 1838/1882

    «Il faudra se soumettre ou se démettre»

    Un seul mot pourrait caractériser ce tri­bun du peuple: celui de «démesure». Fougueux au barreau, il se montre ambitieux dans sa charte du radicalis­me, partisan de la lutte à outrance en 1870, intransigeant l’année suivante, intraitable avec Mac-Mahon (1877), passionné dans sa vie privée.

     

    Léon Gambetta, d’origine génoise, s’est fait un renom d’avocat en plaidant pour les républicains poursuivis par le gou­vernement du second Empire. En 1869, il rédige le programme de Belleville, véritable profession de foi radicale; il est élu triomphalement dans deux circons­criptions: à Marseille et à Belleville (Pa­ris). L’année suivante, tout en s’oppo­sant à la guerre, il vote les crédits mili­taires qu’il juge indispensables. En sep­tembre, faute de pouvoir contenir la Ré­volution, il cherche à la faire avaliser par le Corps législatif; il va lui-même proclamer la République à l’Hôtel de Ville. Il est nommé ministre de l’intérieur du gouvernement de la Défense nationale; à ce titre, il n’hésite pas à s’échapper en ballon de Paris assiégé pour diriger la résistance en province. Il désapprouve l’armistice: élu par neuf départements, il choisit symboliquement celui du Bas- Rhin. Il démissionne en mars pour pro­tester contre la cession de l’Alsace à l’ennemi. Il se rend alors en Espagne, mais pour peu de temps. Aux élections complémentaires de 1871, il est candi­dat victorieux de la Seine. Dès lors, Gambetta est l’un des ténors les plus écoutés des républicains. Il fonde le quotidien La République fran­çaise et entreprend une véritable tournée pour faire triompher ses idées. Il adopte une attitude très habile, dénonçant FAncien Régime tout en cherchant à se concilier la petite bourgeoisie. Il est un des champions de la gauche modérée, sous une étiquette que l’on qualifiera d’«opportuniste» par opposition aux tendances révolutionnaires. En 1873, il exhorte les républicains au calme face à Mac-Mahon et, deux ans plus tard, favorise l’accession au pouvoir d’une coalition gauche-centre-orléanistes et le vote de lois consacrant le régime répu­blicain. Lors de la crise du 16 mai 1877, il regroupe les forces de gauche. A l’adres­se de Mac-Mahon, il lance ces mots cé­lèbres: «Il faudra se soumettre ou se dé­mettre.» Mais, en dépit de la victoire ré­publicaine, suivie de la démission de Mac-Mahon (1879), sa cote est en bais­se dans la classe politique que sa popu­larité inquiète. Il lui faut renoncer à poser sa candidature à la présidence de la République et se contenter de celle de la Chambre (1879-1881). Le cabinet qu’il forme en 1881 est éphémère. A fin 1882, il se blesse avec un revolver et meurt peu après d’une infection. On lui fait des funérailles grandioses.

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