• Léon Blum - 1872-1950

     

    Léon Blum - 1872-1950

    Un grand idéaliste

    Lorsque Léon Blum accède au pouvoir après la victoire du Front populaire aux élections d’avril et mai 1936, il est le premier président du Conseil socialiste. Il est aussi le premier juif à ce poste, et ses origines pèseront lourd à une époque où l’antisémitisme est puissant. C’est d’ailleurs l’affaire Dreyfus qui a lancé dans la politique cet ancien nor­malien devenu avocat. L’estime qu’il porte au tribun de la gauche, Jean Jau­rès, le conduit à adhérer au parti socia­liste en 1899. Mais, durant plusieurs années, cet auditeur (1895), puis maître des requêtes au Conseil d’Etat (1907) ne semble guère se passionner pour la chose publique; il se fait connaître sur­tout par ses ouvrages et ses critiques lit­téraires. Au point que certains voient en lui un intellectuel brillant et un esthète égaré dans la politique. Il est pourtant, avec Jaurès, l’un des fondateurs de L’Humanité. En 1914, il est chef de cabinet de Marcel Sembat dans le gou­vernement de l’Union sacrée. Cinq ans plus tard, c’est lui qui rédige le program­me de son parti et, la même année, il est élu député de la Seine; il ne perd son siè­ge qu’en 1928 grâce aux intrigues de la droite antisémite. En 1920, au congrès de Tours, il se montre hostile au bolche­visme. Secrétaire du groupe parlemen­taire socialiste (courant minoritaire), il s’impose rapidement, grâce à ses talents oratoires, comme le chef de fait du nou­veau parti. En 1924, il est à l’origine de l’alliance avec les radicaux; en 1929, il est député de Narbonne, siège qu’il garde jusqu’en 1940. Partisan du désar­mement, il refuse de voter les crédits militaires, du moins jusqu’en 1935. Il ne se montre pas toujours clairvoyant: en 1932, il croit Hitler «exclu de l’espéran­ce même du pouvoir»; antimunichois en il se montre un instant favorable au pacte germano-soviétique qu’il croit être un frein à l’ambition du Führer.

    Chef du gouvernement de gauche en 1936, il se montre hostile à une dévalua­tion; mais, quelques mois plus tard, il y recourt, récidivant en 1937.

    A l’intérieur, son ministère accomplit d’importantes réformes sociales — semaine de quarante heures, congés payés — et économiques — réforme de la Banque de France, création de l’Offï- ce du blé. A l’extérieur, malgré son atta­chement à la «paix indivisible», Blum doit accepter la levée des sanctions pro­noncées contre l’Italie par la SDN. Les relations franco-italiennes n’en sont pas améliorées pour autant: Mussolini garde rancune à la France de n’avoir pas don­né suite aux protocoles de Rome et se rapproche résolument de l’Allemagne. Enfin, l’attitude du gouvernement face à la guerre d’Espagne contribue à la dislo­cation du Front populaire: il doit démis­sionner le 21 juin 1937. En 1940, il refuse les pleins pouvoirs à Pétain qui le fait interner, puis juger, comme responsable de la défaite. Livré aux Allemands et libéré en 1945, il diri­ge un gouvernement éphémère de 1946 à 1947.

     

    Illustration: Léon Blum prononçant un discours lors d’un congrès socialiste à Paris

    « Le Tribunal révolutionnaire - 1793-1795L’attentat de Damiens - 5 janvier 1757 »

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