• Le siège de la Rochelle

    La croisade de l'homme rouge

    Le siège de la Rochelle


    En 1598, l'édit de Nantes avait accordé aux protestants français un statut très libéral; ils jouissaient non seulement de la liberté de conscience et de culte, mais encore d’importants droits politiques et militaires; ils disposaient surtout de gar­nisons et de places fortes.

    Ils formaient donc un «Etat dans l’Etat», ce que ne pouvait souffrir l’in­domptable ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu; vouant toute son énergie à fortifier l’autorité royale, il n’autorisait personne à la braver ou à s’y opposer.

    Sa politique l’obligeait d’ailleurs à soute­nir les protestants d’Allemagne; pour ré­tablir la balance, il tendait donc à s’op­poser à ceux de France.

    Son premier conflit avec eux éclate en 1625; il est suivi d’une trêve; la guerre se rallume en 1627 et, cette fois, Riche­lieu veut en finir; peu lui importe, d’ail­leurs, les controverses religieuses: c’est la force politique des protestants qu’il veut abattre.

    La Rochelle est la principale forteresse des huguenots; l’occasion est favorable pour l’assiéger, ses habitants étant mo­mentanément isolés.

    Le cardinal conduit personnellement les opérations; la ville est d’abord coupée de l’arrière-pays, sur 12 km, par un soli­de retranchement; puis, pour fermer la rade, on aménage une gigantesque digue: on utilise de gros pieux de bois, entre lesquels on accumule moellons et gravats. C’est un travail énorme que rendent très pénible les remous, les bourrasques, les assauts de la Hotte anglaise venue secourir les Rochelais. En six mois cependant, l’ouvrage est achevé; il compte 1500 m de long et 8 m de large; il résistera à toutes les tempê­tes, contrairement aux prévisions des assiégés.

    Ceux-ci ont également choisi un chef énergique: c’est l’ancien amiral Jean Guiton, qui menace de son poignard quiconque parlerait de se rendre. Pendant plus d’un an, la ville résiste farouchement; le blocus amène la diset­te, puis la famine. Guiton reste inébran­lable: «Pourvu qu’il reste un homme pour fermer les portes, c’est assez», dit- il. Mais la ténacité de Richelieu l’empor­te: le 29 octobre 1628, La Rochelle, affamée, jonchée de cadavres, capitule; sur les 28000 habitants, il ne reste que 5000 survivants.

    L’édit de grâce d’Alès laisse aux protes­tants la liberté de culte et de conscience, mais leur enlève tout autre privilège. Ils se montreront, dès lors, fidèles sujet.

    « La libération de ParisLa bataille de Marignan »

    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :