• Le Père Joseph

    Le Père Joseph

     

    L'éminence grise

    François-Joseph Le Clerc du Tremblay, qu’on appellera l’«Eminence grise» et r«ambassadeur aux pieds nus», appar­tient par son père, président des requê­tes du palais, à une lignée de magistrats; par sa mère, Marie de Lafayette, il parti­cipe de la noblesse terrienne. De brillan­tes études d’humaniste, complétées par une éducation de parfait gentilhomme, lui valent la faveur de la cour. Destiné à l’armée, il se distingue, sous le titre de baron de Maffliers, au siège d’Amiens en 1597.

    Influencé par la doctrine mystique de Benoît de Canfeld dont il restera toute sa vie le disciple, François Le Clerc abandonne brusquement le monde pour entrer, en 1599, dans l’ordre rigoureux des Capucins. Ordonné en 1604, il se ré­vèle un prédicateur et un missionnaire d’une grande efficacité dans les provin­ces à forte population protestante. Nommé en 1611 provincial de Tourai- ne, il fonde à Poitiers, en 1617, la con­grégation de Notre-Dame du Calvaire dont il restera toujours le directeur spiri­tuel. Pour les novices de sa province, il compose une Introduction à la vie spiri­tuelle. Lors de son séjour à Rome en 1625, le pape Urbain VIII le nomme commissaire apostolique aux missions, charge dont le Père Joseph s’occupe de plus en plus activement puisqu’elle lui permet de placer dans le monde des capucins dévoués qui seront autant d’agents secrets de la France.

    Respecté à la cour pour sa vertu et ses capacités, le Père Joseph est, en 1616, le conseiller de Marie de Médicis lors des

    négociations de Loudun avec les grands. Sur ses vives recommandations, on appelle au pouvoir son ami Richelieu en 1624. Aussitôt, ce dernier fait du capu­cin son ministre des Affaires étrangères officieux, puis officiel en 1630. Il en fait aussi, en 1634, son successeur désigné. Inspirateur, interprète, soutien inflexible et machiavélique de la diplomatie fran­çaise, le Père Joseph influence notable­ment la politique de son temps. C’est lui qui interdit la levée du siège de La Rochelle; c’est lui qui, pour affaiblir la puissance des Habsbourg, conseille l’alliance avec le roi de Suède, prolon­geant sans pitié la cruelle guerre de Trente Ans; c’est lui qui, à Ratisbonne, dresse contre l’empereur ses Electeurs catholiques.

     

    Réputé et craint dans toute l’Europe, homme de pouvoir dans son froc cras­seux et déguenillé, bras droit de Riche­lieu, le capucin continue à mener la vie rigoureuse de son ordre. Partageant son temps entre les combinaisons politiques les plus tortueuses et la méditation mys­tique ou les prières, patriote farouche, il pense servir Dieu en servant les intérêts de la France. Louis XIII demande pour lui le chapeau de cardinal, mais le pape fait traîner les choses et le Père Joseph meurt simple capucin.

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