• Le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche - 9 juin 1660

    Le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche - 9 juin 1660

    La condition de la paix des Pyrénées 

    Malgré son écrasante victoire des Dunes (1658), Turenne n’est pas sûr de reconquérir rapidement la Belgique; les Hollandais et les Autrichiens risquent d’intervenir; il est urgent d’empêcher l’union possible de l’infante Marie- Thérèse avec l’empereur Léopold, ce qui entraînerait la reconstitution de l’Empi- re de Charles Quint; enfm, la reine mère Anne souhaite depuis toujours une alliance entre ses deux patries; la France a grand besoin de paix. Mazarin l’offre à l’Espagne en proposant le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse. Phi­lippe IV hésite; il ne se résigne pas à s’avouer vaincu; il craint que sa fille, devenue reine de France, ne recueille un jour la succession espagnole, la loi salique n’existant pas dans la péninsule Ibérique. Devant ces atermoiements, le rusé Mazarin se tourne vers la Savoie et demande la main de la princesse Mar­guerite pour le jeune roi. Celui-ci se rend à Lyon avec sa mère et le cardinal; il y rencontre son éventuelle fiancée qui ne lui déplaît pas. A cette nouvelle, Phi­lippe IV qui redoute l’alliance franco- savoyarde, et dont les troupes viennent d’être battues au Portugal, envoie en toute hâte à Lyon son messager Pimen- tel pour offrir le mariage et la paix. Les négociations, entamées à Paris en janvier 1659, se poursuivent, d’août à novembre, entre Mazarin et don Luis de Haro, sur l’îlot des Faisans, au milieu de la Bidassoa. Le 7 novembre, le traité des Pyrénées est signé. La France resti­tue ses conquêtes des Pays-Bas, d’Italie et de Franche-Comté, mais l’Espagne lui cède le Roussillon, la Cerdagne et l’Artois. La France renonce à soutenir le Portugal, mais impose le démantèle­ment de Nancy, obtient le duché de Bar et le comté de Clermont. Ce traité, arra­ché âprement par Mazarin, marque le triomphe des Bourbons sur les Habs­bourg d’Espagne et le début de la pré­pondérance française en Europe. Philip­pe IV a exigé la renonciation de Marie- Thérèse à tout ou partie de l’héritage monarchique espagnol, «moyennant» une dot de 500000 écus d’or, payables en trois termes. Le mariage est célébré à Saint-Jean-de-Luz, le 9 juin 1660, mais aucun écu d’or ne vient d’Espagne et ne viendra jamais. C’est en escomptant cette carence que Mazarin a accepté la clause du «moyennant». Ainsi, à l’occasion, la reine Marie-Thérèse ou ses enfants pourront faire valoir leurs droits à la couronne espagnole. En 1665, à la mort de Philippe IV, Louis XIV réclame donc les Pays-Bas au nom de sa femme, à laquelle, en qualité de fille aînée et en compensation de sa dot, cette partie de la succession bourguignonne des Habs­bourg doit être dévolue, d’où le nom de guerre de Dévolution, donné au conflit qui s’ensuit (1667-1668). En 1700, la malheureuse et dernière guerre de Louis XIV aura encore pour origine la succes­sion d’Espagne

     

     

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