• Le concordat de Bologne - Août 1516

    Un succès du gallicanisme

    Après Marignan (1515), le pape Léon X décide de rencontrer le roi de France à Bologne en vue d’harmoniser les pou­voirs temporel et spirituel. Le 11 décem­bre, l’entrevue a lieu, ouverte par un dis­cours en latin du chancelier Duprat. Les pourparlers continuent à Rome l’année suivante. La bulle du concordat est signée par le pape en août 1516 et approuvée par le concile du Latran en décembre. En avril 1517, François Ier en reçoit le texte définitif. Une distinction est établie entre bénéfices électifs et bé­néfices collatifs.

    Pour les bénéfices électifs — archevê­chés, évêchés, abbayes, prieurés —, le roi a le droit de nomination; le pape, celui d’institution canonique; le droit d’élection des chapitres et des moines est supprimé. On fixe pour les nomina­tions des conditions d’âges et de savoir: 27 ans pour un évêché, 23 ans pour une abbaye; une licence ou un doctorat en philosophie ou en théologie. La com­mande (cas d’une abbaye confiée au gouvernement d’un séculier) est en prin­cipe supprimée, sauf quelques exemp­tions en faveur de membres de la famille royale ou de personnes dites «subli­mes».

    Pour les bénéfices collatifs — conférés par les collateurs, seigneur local, cha­pitre —, on reprend les dispositions de la pragmatique sanction de Bourges: cures et prébendes restent à la disposi­tion des collateurs, un tiers devant être réservé aux gradués des universités; le pape renonce aux «grâces expectati­ves», mais conserve le privilège du mandat apostolique qui lui permet de dési­gner une partie des sièges collatifs. Les appels à Rome sont conservés.

    Le concordat renforce les pouvoirs du roi qui récupère ceux qui sont enlevés au pape. En revanche, les libertés garanties à PEglise de France par la pragmatique sanction sont amenuisées. Désormais, le monarque a la haute main sur l’Eglise de France, notamment sur les bénéfices électifs, les plus importants; il peut y placer ses familiers et ses favoris.

    Mais les résistances ne tardent pas; elles viennent de trois côtés. Le 24 juillet 1517, le parlement de Paris refuse d’enregistrer le concordat. D adresse au roi des remontrances écrites auxquelles Duprat répond par un long mémoire. Les magistrats ne se soumettent que sous la menace le 22 mars 1518. Puis l’université proteste, s’allie au chapitre de Paris et organise des processions. Enfin, les états d’Orléans (1560), les conciles de Rouen (1581), de Reims et de Bordeaux (1583), demandent l’aboli­tion de l’accord.

    Ni le roi ni le pape ne cèdent: le clergé cesse d’être un corps pour devenir un ordre. Une aristocratie est créée dans l’Eglise qui devient un des rouages de la monarchie absolue.

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