• La Renaissance

    La Renaissance

    Une nouvelle vision du monde

    La Renaissance du XVIe siècle se tra­duit non seulement par un retour aux sources antiques, mais aussi par un ample et profond renouvellement des mentalités; les élites saluent dans l’enthousiasme ce qu’elles croient être une aurore. De nos jours, on n’oppose plus formelle­ment Renaissance et Moyen Age, comme le faisait Burckhardt. En effet, le génie du Quattrocento recèle des struc­tures intellectuelles et morales qu’on retrouve en Italie, mais aussi en Flandre et en Allemagne du Sud où la civilisa­tion a évolué dans le même sens. L’Italie n’a pas créé la Renaissance; elle a seule­ment illustré avec un bonheur particulier les aspirations artistiques, littéraires, juridiques et scientifiques de toute l’Europe. L’élan créateur de la Renaissance s’appuie sur deux progrès fondamen­taux: l’invention et la diffusion de l’imprimerie, qui émancipe l’écriture et la pensée; les Grandes Découvertes, qui libèrent l’espace en élargissant le monde connu. S’y ajoutent les conditions socio­culturelles du XVIe siècle naissant: la montée de la bourgeoisie, passionnée de savoir; le rôle du prince qui organise son Etat et qui, épris de gloire, joue au mé­cène; le déclin d’organisations tradition­nelles comme le clergé et l’université; la solidarité raffermie des clercs et des artistes qui, rejetant les anciens cadres scolastiques, se groupent en académies et ouvrent au public l’univers de la for­me, de la beauté et de la connaissance. La science prend un essor qu’on mécon­naît trop souvent: l’anatomie, la physiologie, la chirurgie, les mathématiques progressent; en 1543, Copernic publie à Nuremberg son fameux traité, De revo- lutionibus orbium caelestium. En lettres, la philologie prend une place éminente avec l’édition et les commentaires des textes antiques, païens ou sacrés; Budé pour ceux-là, Erasme pour ceux-ci imposent leur autorité; l’étude du latin, du grec et de l’hébreu est pratiquée avec ardeur. Les sciences politiques appro­fondissent le droit romain et s’interro­gent sur les problèmes posés par le pou­voir et l’extension du rôle social des fonctionnaires. En art, c’est l’Italie qui est le berceau des plus grands maîtres: Léonard de Vinci, le génie universel, Michel-Ange, le titan, Raphaël, le vir­tuose de la forme et de la beauté. A Flo­rence, à Rome, bientôt à Venise, un art savant, dominé par la perspective, est à l’honneur; l’exemple est suivi au-delà des Alpes par Dürer à Nuremberg et par l’école de Fontainebleau en France. La Renaissance, c’est l’enthousiasme créateur sans doute, mais aussi la crise de conscience d’une élite qui vit intensé­ment les conflits renouvelés de la foi et de la raison, de l’inspiration et de la rè­gle, de la science et de l’ignorance, du cosmopolitisme et du nationalisme, de l’Antiquité et de la modernité, par-delà un Moyen Age qu’elle méconnaît et qu’elle rejette.

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