• La rafle du Vél d’Hiv - 16-17 juillet 1942

     

    La rafle du Vél d’Hiv - 16-17 juillet 1942

    Le «jeudi noir»

    Les 16 et 17 juillet 1942, 12884 Juifs étrangers sont arrêtés et regroupés au Vélodrome d’Hiver, à Paris. Que restera-t-il de ces gens des deux sexes, de tout âge, parfois infirmes, à la libéra­tion du camp d’Auschwitz, en 1945? Un peu de cendres. Seules quelques dizaines de personnes, une centaine peut-être, auront survécu.

    Le nazisme officialise l’antisémitisme: ainsi se succèdent les premières persécu­tions et le premier exode (1933), les lois racistes de Nuremberg-(1935), la «nuit de cristal» (9 novembre 1938), enfin la «solution finale du problème juif», c’est- à-dire le génocide de 6 millions d’hom­mes (dès 1942).

    A partir de juillet 1940, un mois après le début de l’occupation, la Gestapo et les autorités militaires allemandes multi­plient les mesures contre les Juifs: pillage de leurs biens, encouragement aux com­mandos du Parti populaire français, etc. Certains organismes sont fondés par le gouvernement de Vichy lui-même: le commissariat général aux questions jui­ves, la police aux questions juives (PQJ). Théo Dannecker, chef de la sec­tion juive de la Gestapo, prend encore deux autres mesures importantes: le regroupement des organisations juives (afin de faciliter la déportation future) et le recensement des Juifs, organisé par la police française. Le fichier du Gross- Paris rassemblera 27 388 noms. Le gou­vernement Pétain élargit la définition allemande du «juif» et Pierre Laval déci­de d’inclure les enfants parmi les dépor­tés. Les autorités d’occupation créent des camps d’internement (Drancy,Beaune-la-Rolande, Pithiviers), gérés par la gendarmerie française. Peu à peu, les persécutions prennent de l’ampleur: rafles diverses à partir de mai 1941, res­trictions de la liberté de déplacement, couvre-feu spécial, port obligatoire de l’étoile jaune, interdiction d’entrer dans les lieux publics...

    Au début de juillet 1942, les SS Dan­necker et Rôthke rassemblent plusieurs hauts fonctionnaires parisiens pour dis­cuter des détails de l’opération «Vent printanier». Le 15, certains Français au courant des préparatifs (militants com­munistes et inspecteurs) avisent les futu­res victimes, ce qui explique en partie le nombre de personnes épargnées.

    Le 16, le «jeudi noir», à 3 heures du matin, commence l’opération. Des auto­bus transportent gendarmes, gardes mobiles, agents, inspecteurs et membres du PPF. Ils vont arrêter les Juifs à leur domicile, les conduisent au Vél d’Hiv où, dans des conditions sanitaires atro­ces, ils attendent, entassés, misérables et hagards, sous un soleil torride, la dépor­tation vers Drancy ou Beaune-la- Rolande, puis vers Auschwitz. D’autres convois suivent. Le dernier part huit jours avant la libération de Paris, le 17 août 1944.

     

    «Auschwitz, c’était l’enfer! Mais peut- on se représenter l’enfer lorsqu’on n’y a pas été?» (André Montague).

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