• La politique financière de Machault - 1745-1754

    La politique financière de Machault - 1745-1754

    Une tentative d’égalité fiscale

     

    Né en 1701 d’une famille de magistrats, Jean-Baptiste de Machault d’Arnouville, maître des requêtes (1728), intendant du Hainaut (1743), est nommé, en 1745, contrôleur général des Finances. Pen­dant trois ans, pour faire face aux dé­penses de la guerre de la Succession d’Autriche, il est contraint de recourir aux expédients: emprunts, anticipation sur les recettes. Avec la paix d’Aix-la- Chapelle (1748), l’impôt du «dixième», qui n’était perçu que pendant les hostili­tés, est supprimé; les revenus ordinaires sont inférieurs de 100 millions aux dé­penses et il faut rembourser les dettes de guerre. Pour redresser la situation, Machault, homme probe et droit, in­fluencé par l’esprit des lumières, pense pouvoir concilier l’intérêt de l’Etat, le raffermissement de l’autorité royale et une égalisation des charges. Il prépare l’établissement d’une imposition perma­nente et définitive d’un «vingtième», portant sur tous les revenus, fonciers, immobiliers, bénéfices commerciaux et industriels, offices et pensions — à l’exception des rentes sur l’Etat. Toute personne, quels que soient son rang et sa fortune, y serait soumise, dans les pays d’élection comme dans ceux d’états. Le produit de cet impôt «univer­sel» endiguerait l’endettement croissant du Trésor. En mai 1749, l’édit sur le vingtième est signé par le roi. Le parlement refuse son enregistrement. Il est soutenu dans cette lutte par le clergé et les privilégiés. C’est la guerre ouverte contre le ministre. Celui-ci, maître des Sceaux en 1750, est décidé à briser cette opposition. C’est le moment où commence l'affaire des bil­lets de confession, qui réveille la querelle janséniste. Louis XV, dans la crainte d’un retour des troubles religieux, traite en sous main avec les prélats. Le clergé obtient (1751) son exemption de l’impôt du vingtième, le roi se contentant du «don gratuit». Ce sont ensuite les pays d’états qui dénaturent la valeur égalitai- re de la contribution en lui substituant des «abonnements» ou forfaits. La grande participation nationale est rédui­te à une nouvelle charge qui retombe surtout, une fois de plus, sur le tiers état. Malgré cela, les ennemis de Machault, groupés principalement dans la famille royale, ne désarment pas. La fermeté du ministre et ses innovations — il a libéré le commerce des grains en 1753 — effraient les courtisans. En 1754, pour s’en débarrasser, Louis XV le fait nom­mer à la Marine. Les trois années que Machault passe à ce poste sont une pé­riode glorieuse pour la flotte. En 1757, ayant perdu l’appui de Mme de Pompa­dour, Machault est définitivement écarté du gouvernement. Retiré dans ses terres jusqu’en 1793, il meurt, en 1794, empri­sonné comme suspect. C’est à lui que le jeune Louis XVI a d’abord pensé lors­que, à peine monté sur le trône, il cher­chait un mentor.

     

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