• La mort de Saint Louis - 1270

    La mort de Saint Louis - 1270

    La fin d’une vie idéale

    En 1248, Saint Louis est déjà parti pour la croisade, mais la défaite de la Man- sourah, en Egypte, lui a valu la captivi­té; ensuite, malgré un séjour de quatre ans en Syrie, il n’a pu relever durable­ment les établissements de Terre sainte. Dès lors, il ne songe qu’à y retourner. Mais l’idéal de croisade est en déclin: les uns préfèrent gagner le salut par une conversion intérieure en restant chez eux; les autres commencent à penser que, pour convertir les infidèles, la mis­sion vaut mieux que la guerre sainte. Quant aux aventuriers, ils entrent, en Italie, au service de Charles d’Anjou qui les rémunère mieux que les expéditions d’Orient de plus en plus aléatoires. En mars 1267, le roi convoque à Paris les prélats et les barons du royaume; sans les avoir prévenus, il les informe qu’il veut repartir pour la croisade. Un grand nombre de barons se croisent avec lui, mais certains s’y refusent, tel Joinville. Pendant trois ans, le roi prépa­re l’expédition. Il faut trouver de l’argent, la rançon d’Egypte et la paix avec l’Angleterre ayant coûté très cher: les juifs sont arrêtés, puis doivent rache­ter leur liberté. Le clergé, obligé de s’endetter, proteste avec vigueur. On doit aussi assurer la paix de l’Europe en renouvelant les trêves et les traités; aucun autre pays d’ailleurs ne se joint à la croisade du roi de France. Celui-ci, malade, s’embarque avec son armée à Aigues-Mortes le 1er août 1270, au plus fort de l’été; passant par la Sar- daigne, il vogue vers Tunis. Une telle destination peut paraître étrange: le roi a peut-être été circonvenu par son frère Charles d’Anjou qui, ayant conquis la Sicile, se trouve aux prises avec les pira­tes de Tunis. Charles fait croire à Louis IX que l’émir Al-Mustançir, qui d’ail­leurs entretient de fréquents rapports avec les princes chrétiens, est disposé à se convertir; on présente aussi la Tunisie comme une autre Egypte dont les res­sources, du fait de la croisade, passe­raient des musulmans aux chrétiens. Le 17 août, les Français arrivent devant Carthage et s’en emparent. Ils vont ensuite assiéger Tunis et attendent vai­nement les renforts et le ravitaillement promis par Charles d’Anjou. Sous la chaleur, une épidémie de peste décime l’armée: le plus jeune fils du roi meurt; puis c’est le tour du légat du pape; le 25 août enfin, le roi, épuisé dès son arrivée, expire la veille de l’arrivée de Charles d’Anjou. Celui-ci doit négocier aussitôt le départ des croisés et s’occupe du transfert de la dépouille royale à Saint- Denis; le cœur et les entrailles sont dé­posés à l’abbaye de Monreale, en Sicile. La mort du roi fait taire les critiques. On le canonise en 1297.

    « Le jeu à la cour de Versailles - 1682-1789Agnès Sorel - 1422-1450 »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :