• La guerre du Rif contre Abd el-Krim 1925-1926

    La guerre du Rif contre Abd el-Krim 1925-1926

    La «furia» berbère

    Le Rif, dans le Nord marocain, est une région montagneuse difficilement péné- trable, peuplée de tribus berbères belli­queuses, traditionnellement en rébellion contre le pouvoir central, qu’il soit arabe ou européen. En 1921, Abd el-Krim (1882-1963), qui a étudié à Grenade et à Fez, caïd de l’importante tribu des Beni Ouriaghel, entraîne les siens dans l’insurrection. A leur tête, le 21 juillet 1921, il détruit un fort contingent espa­gnol à Anoual. Dès ce succès, l’autorité d’Abd el-Krim devient celle d’un émir. Il forme une armée qui atteint 15000 hommes, con­traint les Espagnols à se retirer dans les garnisons de la côte et à se couper du reste du pays; il proclame la République indépendante du Rif. En 1924, les Espa­gnols doivent évacuer la zone limitrophe du protectorat français. Abd el-Krim appelle à un soulèvement général pour la libération de tout le territoire maro­cain. Lyautey, résident général de France au Maroc, est inquiet; il avance sa ligne de couverture vers le nord et demande à Paris cinq bataillons supplémentaires. Le gouvernement Herriot est réticent. Mais, au début d’avril 1925, le flot des Rifains franchit la frontière; sur son passage, des tribus, depuis longtemps fidèles, sont vaincues ou ralliées à la dis­sidence; plusieurs postes français sont pris; les villes de Taza, Ouezzane, Fez, menacées. Devant la gravité de la situa­tion et pressé par Lyautey, le chef du nouveau gouvernement, Paul Painlevé, envoie des renforts au Maroc, ce qui permet de sauver Taza et de contenir la pression rifaine. En juillet, le comman­dement des troupes est confié au général Naulin; en août, Painlevé demande au maréchal Pétain de prendre la direction des opérations. Pétain, soucieux de ne pas aller à un échec, prépare minutieusement son action. Il se rend à Tétouan et à. Ceuta, examine le terrain et commence à établir avec le général Primo de Rivera, haut commissaire au Maroc espagnol et chef du gouvernement de Madrid, un plan de collaboration militaire. A Paris, il demande des moyens considérables et, au contraire de Lyautey, obtient tout ce qu’il veut. Pendant sept mois, il amasse les hommes et le matériel. La contre-offensive franco-espagnole est déclenchée au printemps de 1926; plus de 100 bataillons, dotés d’un arme­ment moderne et appuyés par une forte artillerie, ont raison, en quelques' semai­nes, des 30000 rebelles. Le Rif est entiè­rement réoccupé; les derniers îlots de ré­sistance sont détruits. Le 27 mai 1926, Abd el-Krim demande l’aman, la reddi­tion sous la protection du vainqueur. Il est envoyé en exil à la Réunion. Lyau­tey, démissionné de son poste, quitte le Maroc en octobre 1926. Après la ré­pression dans le Rif, la colonisation rurale s’accroît, ainsi que le nombre des immigrants européens.

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