• La Fayette


    La Fayette

     Condamné à la popularité 

    Celui qui allait être le héros de trois ré­volutions, celles d’Amérique, de 1789 et de 1830, apparaît comme un représen­tant de la jeune noblesse libérale de la fin du XVIIIe siècle. A peine marié à Mlle de Noailles, Gilbert Motier, mar­quis de La Fayette, né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac, en Auvergne, s’enthousiasme pour la cause des colons américains et, pendant deux ans (1777-1778), combat à ses frais comme volontaire dans les rangs des Insurgents. Revenu en France en 1779, il mène une vibrante campagne en faveur de l’intervention. La guerre dé­clarée à l’Angleterre, il retourne en Amérique, participe à la défense de la Virginie et à la victoire de Yorktown. Désormais converti aux idées démocra­tiques, il est partisan avoué d’une révo­lution limitée, d’une monarchie contrô­lée par les représentants de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie. Député de la noblesse aux états généraux, il pousse à l’union des ordres. Au lendemain du 14-Juillet, il devient commandant de la garde nationale et fait adopter la cocar­de tricolore. Lors des journées d’Octo- bre, il assure le retour de la famille roya­le à Paris. La fête de la Fédération marque l’apogée de sa popularité et de sa carrière révolutionnaire. Jouant les maires du palais, La Fayette souhaite alors arrêter la marche en avant de la Révolution. Mais, crédule et optimiste, il manque de profondeur et de décision. Marie-Antoinette le déteste et les démo­crates se méfient de lui. Au lendemain de l’affaire de Varennes, il réussit à faire admettre la fiction de l’enlèvement du roi et fait tirer sur les manifestants répu­blicains au Champ-de-Mars. Ce geste le rejette pratiquement dans la contre- révolution. A la déclaration de guerre, il commande l’armée du Centre. Après le 20 juin 1792, il tente un dernier effort en faveur de la monarchie et menace de marcher sur Paris. Mais décrété d’accu­sation, il s’enfuit, est arrêté par les Autrichiens, gardé prisonnier à Olmütz jusqu’au traité de Campoformio en 1797. Revenu en France en 1800, La Fayette ne jouera aucun rôle sous le Consulat et l’Empire. Elu député pendant les Cent- Jours, il contribuera à la seconde abdi­cation de Napoléon. Il devient, sous la Restauration, le chef de file du courant libéral et le symbole des journées de 1789. Fort de cette popularité retrouvée, il joue un rôle décisif en juillet 1830. Avec Laffitte et Thiers, il rejette la solu­tion républicaine et fait introniser Louis- Philippe comme roi des Français. Mais celui-ci écarte le «Milord protecteur» et, jusqu’à sa mort, survenue à Paris le 20 mai 1834, La Fayette se cantonnera dans une opposition amère

    « BarrasAlexandre Millerand »

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