• La conversion d’Henri IV

     

    La conversion d’Henri IV

    «Paris vaut bien une messe»

    Le 25 juillet 1593, dans la vieille basi­lique de Saint-Denis, sous les murs de Paris assiégé, se déroule une cérémonie fastueuse, une fête à la fois militaire, populaire et religieuse: Henri de Navar­re, jusqu’ici chef du parti protestant, abjure solennellement le protestantisme et rentre dans le giron de l’Eglise romai­ne. Ainsi prend fin une crise dynastique ouverte le 1er août 1589 par l’assassinat d’Henri III. Avant de mourir, ce dernier, respectant la volonté générale, avait reconnu son cousin comme son succes­seur légitime, pourvu qu’il se fit catholi­que. La conversion du Béarnais répond à un double but: neutraliser les armées espa­gnoles qui, poussées par le nouveau pape Grégoire XIV, appuient celles des Ligueurs qui dominent la province; ensuite, profiter de la division de ces derniers; en effet, en janvier 1593, aux états généraux réunis au Louvre, plu­sieurs d’entre eux, bien que réclamant toujours un roi catholique, ont manifes­té leur désir de paix. Et cette paix, le Béarnais, sensible aux souffrances du peuple, la souhaite plus que tout autre. Entre les deux archevêques de Lyon et de Bourges, l’un ligueur, l’autre royalis­te, les conversations se nouent; le 31 juillet, une trêve est signée à La Villette. Le roi a accepté de se laisser instruire: en aucune manière, la conversion ne doit paraître imposée par le peuple, même si elle correspond à son vœu évi­dent. La préparation psychologique assurée, la cérémonie de Saint-Denis peut avoir lieu. Les conséquences ne se font pas atten­dre et Henri IV peut mesurer la force de la foi catholique dans la nation. Le 27 février 1594, l’évêque de Chartres admi­nistre au roi l’onction du sacre dans sa propre cathédrale, celle de Reims étant aux mains des Ligueurs; les pairs ecclé­siastiques et laïques sont présents, ainsi qu’un grand nombre de gens du peuple. Chef militaire, héritier du trône, oint du Seigneur, le roi fait son entrée dans sa capitale le 22 mars; puis il se rend à Notre-Dame pour faire chanter le Te Deum. Très rapidement, la France se regroupe autour de son roi: par d’habiles négocia­tions, Henri IV détruit la féodalité mer­cenaire qui s’était constituée sous le couvert de l’intransigeance religieuse; il y ajoute quelques opérations militaires décisives qui portent le coup de grâce à la Ligue agonisante; il contraint Mayen­ne, son rival, à se soumettre et oblige les Espagnols, qui ont quitté Paris alors même qu’il y entrait, à signer, en mai 1598, la paix de Vervins. C’est la fin de la guerre étrangère: Henri n’a plus désormais qu’à «faire le roi de France», c’est-à-dire panser les plaies ouvertes par les guerres civiles, rassem­bler les cœurs français autour de lui et rendre à la monarchie son prestige tradi­tionnel auprès des nations étrangères. Après tout, Paris valait bien une messe.

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