• L’exécution du duc d’Enghien - 1804

    L’exécution du duc d’Enghien - 1804

    La raison d’Etat

    En 1804, la police française découvre un complot dirigé contre Bonaparte; l’enquête révèle que les conjurés atten­dent l’arrivée d’un prince du sang. Le Premier consul soupçonne le duc d’Enghien, Louis Antoine Henri de Bourbon-Condé.

    Celui-ci. est né en 1772 à Chantilly; il émigre dès le commencement de la Ré­volution française et fait ensuite partie de Palmée de Condé qui combat aux cô­tés de la Prusse et de l’Autriche contre la France. Courageux sur les champs de bataille, il semble n’avoir jamais cherché à faire de la politique. Après 1800, il se retire dans le duché de Bade, à Etten- heim, où il passe des jours oisifs consa­crés en majeure partie à la chasse et à la femme qu’il aime, la princesse de Rohan-Rochefort.

    Bonaparte, sans prendre la peine de vé­rifier ses soupçons, sans écouter les appels à la modération, décide de s’emparer du duc par la force. Il charge le colonel Ordener, à la tête de 300 dra­gons, de ce véritable rapt en pays étran­ger. Arrivé à Strasbourg dans la nuit du 12 au 13 mars, Ordener investit Etten- heim le 15 mars et enlève le duc d’Enghien, malgré l’absence chez lui de papiers compromettants. Enghien est transféré d’abord à Strasbourg, tandis que Cambacérès s’explique péniblement avec le duc de Bade sur la violation du territoire de ce dernier par les soldats français. Le duc est transféré à Paris où il arrive le 20 mars au soir.

    Conduit au château de Vincennes, il demande plusieurs fois en vain à s’entre­tenir avec le Premier consul; une com­mission militaire que préside Savary, ministre de la Police, se réunit et l’inter­roge; le duc réfute toutes les accusations de complot portées contre lui, recon­naissant néanmoins s’être battu contre la France révolutionnaire. La peine de mort est votée à l’unanimité; Enghien est conduit dans un des fossés du châ­teau de Vincennes et il y est fusillé.

    Ainsi, d’une manière spectaculaire et tragique, Bonaparte se coupe définitive­ment des Bourbons qui, un moment, ont compté sur lui pour remonter sur le trô­ne. Apprenant l’exécution, Talleyrand aurait déclaré: «C’est plus qu’un crime, c’est une faute!»

     

    L’opinion publique ne manifeste pas une émotion considérable en apprenant cet événement. En revanche, des caricatu­res circulent avec, pour thème général, la dénonciation d’une volonté de tyran­nie déguisée en raison d’Etat. Pour beaucoup de Français, le trône des Bonaparte apparaîtra comme éclabous­sé de sang.

    « L’édit de Nantes - 13 avril 1598Jacques Cœur - 1395-1456 »

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