• L’Empire libéral - 1860-1870

    L’Empire libéral - 1860-1870

    Recherche d'un nouvel équilibre politique

    Aux environs de 1860, le second Empire amorce une lente évolution: il se fait moins autoritaire. Le régime est alors à l’apogée de sa puissance et Napoléon III peut se laisser aller à moins de rigueur. Il doit en outre rechercher de nouveaux appuis en direction des libéraux, car ses choix en politique extérieure ont éloigné de lui les conservateurs. L’appui que la France a apporté aux partisans de l’uni­té italienne lui vaut l’hostilité des catho­liques qui n’admettent pas que le pou­voir temporel du pape soit ruiné. La signature du traité de libre-échange avec l’Angleterre (1860) mécontente les milieux d’affaires, partisans du protec­tionnisme.

    L’empereur fait donc des concessions: un décret de 1860 donne le droit d’adresse au Corps législatif; des minis­tres sans portefeuille sont chargés d’éta­blir un dialogue avec les Assemblées; les débats de ces dernières sont publiés inté­gralement. Le budget est désormais voté par sections. L’enseignement se libérali­se et se laïcise. Mais, loin de se rallier, l’opposition se réveille. La première adresse critique sévèrement la politique officielle à propos de la «question romaine»; le député catholique Keller accuse le gouvernement de n’être «ni conservateur ni révolutionnaire». Aux élections de 1863, la gauche et la droite s’unissent contre le régime de pouvoir personnel et forment une Union libérale dont 35 députés sont élus. Thiers est parmi eux. Il réclame aussitôt des réfor­mes essentielles: liberté individuelle, de presse, de réunion, élections, régime parlementaire.

    Partagé entre son goût du pouvoir et ses velléités libérales, l’empereur hésite. La maladie le mine, sa volonté vacille, sa politique devient cahotante. Demi- réformes, périodes d’inaction et mouve­ments de recul se succèdent. En 1868, le droit d’interpellation remplace le droit d’adresse, la surveillance de la presse disparaît, les réunions sont plus libres. Mais les échecs du pouvoir se multi­plient: Napoléon III ne parvient pas à se concilier la classe ouvrière, bien qu’il ait octroyé le droit de grève en 1864. L’opposition gagne encore du terrain. On ne compte plus les revers de la poli­tique extérieure.

     

    Rassemblant autour d’Emile Ollivier les partisans d’un Empire parlementaire, le tiers parti est de plus en plus influent; il progresse considérablement aux élec­tions de 1869, et Napoléon III accepte d’appliquer son programme. Le Corps législatif a désormais le droit d’élire son bureau, de proposer des lois et d’inter­peller le gouvernement à défaut de pou­voir le renverser. L’opposition se déve­loppe encore. Le plébiscite de 1870, en posant cette question insidieuse: «Approuvez-vous ou non les réformes libérales?», parvient à la désarmer quelque peu. Mais la guerre franco- allemande prouve la fragilité du régime en provoquant son effondrement.

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