• L’émigration - 1789-1814

     

    L’émigration - 1789-1814

    Une réaction obstinée

    Les premiers à quitter la France, en juil­let 1789, sont le comte d’Artois et les trois Condé, dont les têtes ont été mena­cées au soir de la prise de la Bastille. D’autres hauts personnages suivent cet exemple lorsqu’ils apprennent les pre­miers massacres survenus à Paris ou en province. Tous sont convaincus que leur séjour à l’étranger sera de courte durée. Après être passés par Turin, les princes vont retrouver les autres groupes sur les bords du Rhin où, très vite, ils commen­cent à s’agiter dangereusement. Ils croient sans doute travailler pour la monarchie, mais leurs rodomontades et leur diplomatie brouillonne ne font que nuire à la cause royale. En juin 1791, le comte de Provence arrive à son tour à Coblence. Les émigrés constituent alors des régiments qui suivent, après la dé­claration de guerre, les envahisseurs austro-prussiens, mais ils doivent re­brousser chemin après Valmy.

    Les émigrés, pour qui la patrie est incar­née par le roi qu’ils doivent donc déli­vrer, sont devenus, aux yeux des révolu­tionnaires, des traîtres. Ils sont désor­mais considérés en France comme des ennemis publics. Diverses lois sont pro­mulguées, celle du 28 mars 1793 codi­fiant l’ensemble: les émigrés pris sur le territoire seront jugés sans appel par un tribunal et risquent la mort, leurs biens seront confisqués et vendus comme biens nationaux, leurs parents demeurés en France seront traités en suspects. Ainsi pourchassés et proscrits, les mal­heureux ne songent évidemment pas à rentrer. Outre les aristocrates, particu­lièrement visés, de nombreux bourgeois et des prêtres réfractaires ont passé la frontière, s’éparpillant dans tous les pays voisins, jusqu’en Russie et aux Etats-Unis.

    Parfois très mal accueillis par les popu­lations (eux-mêmes montrent souvent de la morgue), ils mènent une vie rude: hommes et femmes s’ingénient à trouver divers métiers pour gagner leur pain, le pain amer de l’exil. Une seule extraordi­naire réussite au milieu de beaucoup de misère, celle du duc de Richelieu, deve­nu gouverneur d’Odessa. Quant aux militaires enrôlés sous la bannière des princes, ils se battent avec courage, mais sont souvent traités avec méfiance par les chefs étrangers.

     

    Dès le Directoire, les émigrés cherchent à regagner la France. Ils rentrent en plus grand nombre sous le Consulat, après la loi d’amnistie accordée par Bonaparte, et se rallient loyalement. D’autres demeurent irréductibles et par­ticipent même aux divers complots montés contre le régime consulaire ou impérial. Revenus en 1814 avec Louis XVIII, les émigrés montreront trop sou­vent qu’«ils n’ont rien appris ni rien oublié».

     

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