• L’édit de grâce d’Alès - 1629

     

    L’édit de grâce d’Alès - 1629

    La fin de la puissance protestante

    Les protestants de La Rochelle succom­bent, le 29 octobre 1628, au bout d’une terrible année de siège. Ceux du Lan­guedoc poursuivent la lutte. Leur chef est le gendre de Sully, le duc Henri de Rohan, prince de Léon. Il est déclaré coupable de trahison et de lèse-majesté pour s’être lié, en 1627, comme les Rochelais, avec les Anglais. En 1629, il fait appel à l’Espagne de Philippe IV, toujours prête à financer une rébellion en France; il envisage même d’instaurer un «Etat» huguenot. Le danger est pres­sant. Louis XIII, victorieux à Suse, se hâte de traiter, le 11 mars 1629, avec le duc de Savoie et de repasser les Alpes. Arrivé au sud du Massif central, il com­mence par investir Privas qui résiste for­tement. A la mi-mai, Richelieu revient à son tour du Piémont, ramenant avec lui 9000 hommes de l’armée royale; Privas tombe, entraînant la reddition d’Alès et d’Anduze. Le maréchal d’Estrées s’em­pare de Nîmes; Condé, de Montauban; Ventadour, de Castres. Malgré les ordres du cardinal, ces villes sont victi­mes de violences et de pillages. Tout espoir de secours anglais s’est mainte­nant évanoui, car Charles Ier vient de s’allier à Louis XIII; Rohan se décide alors à demander la paix. Ce n’est pas avec lui, grand seigneur rebelle, que le pouvoir royal va traiter mais avec les représentants des cités réformées, et il n’est pas question d’accord entre deux parties, mais d’un pardon que le roi offre à ses sujets égarés, à condition qu’ils rentrent dans le devoir. L’édit de grâce d’Alès du 27 juin 1629, signé, en fait, à Nîmes où Louis XIII réside, sépa­re nettement la question religieuse de la question politique. La liberté du culte garantie par l’édit de Nantes de 1598 est confirmée pour tout le territoire, ainsi que les capacités civi­les des protestants et leur droit aux emplois publics. Ce qui est aboli, ce sont les privilèges politiques et militaires qu’ils ont reçus d’Henri IV: places de sûreté, forteresses, armée, assemblées communales et synodes, qui leur ont per­mis de former un véritable «Etat dans l’Etat». Richelieu voulant l’unité du royaume et l’abaissement de toute féo­dalité concurrente du pouvoir central, il est logique qu’il ait veillé à détruire la puissance et l’indépendance calviniste. Le duc de Rohan parti en exil, Louis XIII quitte Nîmes le 15 juillet pour ren­trer à Paris. Le cardinal, resté seul, veille personnellement au démantèlement des places protestantes; il visite une vingtai­ne des 38 villes dont les remparts doi­vent être rasés. Le 20 août, il entre triomphalement dans Montauban. Il respectera toujours les clauses religieu­ses de l’édit de grâce d’Alès de 1629, et les calvinistes resteront fidèles à la monarchie. Lors de la Fronde, ils ne se joindront pas aux révoltes des parle­mentaires et des grands

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