• L’édit de Compiègne

    L’édit de Compiègne

    Le 24 juillet 1557, Henri II décide de punir de mort la profession, secrète ou publique, du protestantisme; il veut ré­primer «plusieurs actes scandaleux et assemblées publiques en armes» qu’on a pu voir à Paris et dans toute la France. Cette décision, qui affirme avec rigueur la politique d’intransigeance de la monarchie à l’égard de la foi nouvelle, s’explique tant par la personnalité du roi que par la situation des huguenots.

    A Rome, où règne Paul IV, et à Paris, où, en 1547, Henri II a succédé à son père François Ier, domine la politique de réaction. Henri II hait l’hérésie dans laquelle il voit une atteinte à l’autorité royale. Le vieux cardinal de Tournon, persécuteur des vaudois, et Charles, car­dinal de Lorraine, frère du duc de Guise et protecteur des jésuites, lui conseillent d’éliminer le calvinisme du royaume. En février 1557, le roi mande au pape qu’il projette d’établir l’inquisition «pour estre le vray moyen d’extirper la racine des erreurs»; le parlement de Paris, gal­lican, s’oppose à cette mesure. Le roi demande au pape un bref qui, le 25 avril, confère les fonctions de grands inquisiteurs aux trois cardinaux mem­bres du Conseil et résidant à la cour, Bourbon, Châtillon et Lorraine. Le 24 juillet, l’édit de Compiègne définit les pouvoirs «des inquisiteurs de la foy». Depuis l’édit de Châteaubriant de 1551 qui confirmait la législation antérieure, la persécution sévit en France: «La rage et la cruauté est grande contre toute la pauvre Eglise», écrit Calvin; mais, du martyre, naissaient les disciples. Calvin triomphe à Genève, qui devient la capi­tale de la Réforme militante. On trouve des réformés dans presque toutes les provinces françaises. Paris, terrain sen­sible et dangereux, siège de la monar­chie, compte 4000 à 5000 protestants. Ces derniers se recrutent non seulement chez les «petites gens», mais dans toutes les classes sociales, y compris la plus haute noblesse. L’Eglise tend à devenir un «parti». Les hommes d’épée répu­gnent au martyre; ils deviennent les chefs et les défenseurs de la foi nouvelle qui, à Paris même, multiplie les manifes­tations clandestines ou publiques, ce qui déchaîne la colère royale: «A quoi (l’ex­tirpation de l’hérésie) je veux tenir la main et m’employer ardemment, comme celuy qui ne désire autre chose en ce monde que de voir mon peuple net et exempt d’une telle dangereuse peste et vermine que sont lesdites hérésies.»

     

    Les rassemblements à Paris de la rue Saint-Jacques et du Pré-aux-Clercs, la résistance d’Anne Du Bourg au parle­ment, irritent le monarque qui décide de hâter la paix avec l’Espagne pour détrui­re le calvinisme français.

    « Charles MartelMirabeau »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :