• L’édit de Boulogne - Juillet 1573

    L’édit de Boulogne - Juillet 1573

    Pour garder la paix entre les religions

    Par le massacre de la Saint-Barthélemy, la monarchie a essayé en vain de noyer la Réforme dans le sang. Si les chefs huguenots, issus de la noblesse, ne sont plus là, la masse des fidèles, entraînée par ses pasteurs, représente une force redoutable. A La Rochelle, la résistance s’installe; malgré l’échec de la flotte anglaise venue à leur secours, les habi­tants se défendent «comme chiens enra­gés». C’est le duc d’Anjou, troisième fils de Catherine de Médicis et futur préten­dant au trône de Pologne, qui mène le siège avec l’armée royale; il a comme adjoint son frère, le duc d’Alençon, âme du parti des politiques. A Montauban, à Nîmes, à Privas, le Midi commence à se soulever; mais, dans l’Ouest, la situation des huguenots semble désespérée: San- cerre, ville protestante, a dû céder; on parle de capitulation. Ce sont les événe­ments de Pologne qui vont sauver La Rochelle et entraîner la paix. A Cracovie, la mort du dernier des Jagellons, le 7 juillet 1572, laisse le trône vacant. La France ne peut laisser cette couronne tomber entre les mains des Habsbourg. La Diète polonaise, un ins­tant déconcertée et indignée par le mas­sacre de la Saint-Barthélemy, est rassu­rée par les bonnes paroles de Monluc, évêque de Valence; elle accorde le trône au duc d’Anjou; ce dernier apprend son élection le 19 juin, il ne peut plus désor­mais s’acharner sur une ville protestan­te. Connaissant le profond libéralisme de ses nouveaux sujets, il conclut, le 24 juin, un accord avec les Rochelais; en juillet, par l’édit de Boulogne, il octroie la liberté de conscience et de culte à Nî­mes, Montauban et La Rochelle; à tous les autres réformés, la liberté de cons­cience. Si ces conditions peuvent paraître sévères au regard des précé­dents édits de pacification, elles mar­quent cependant une nouvelle défaite de la politique d’intolérance du pouvoir. La paix de Boulogne, paix bâclée, ran­çon d’une victoire polonaise, désaveu cynique de la Saint-Barthélemy, est l’effet d’une puissance: celle de la démo­cratie protestante, née dans les villes et les campagnes; elle marque aussi la genèse, dans le creuset de La Rochelle, d’une nouvelle conception des rapports interconfessionnels: celle des politiques; dans le Midi, elle maintient et fortifie la nouvelle république protestante qui tend à s’installer autour des deux grands gou­vernements de Nîmes et de Montauban.

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