• L’école de Barbizon - 1840

    L’école de Barbizon - 1840

    Les peintres du paysage

    L’école de Barbizon emprunte son nom à un petit village situé à quelques dizai­nes de kilomètres de Paris, à la lisière de la forêt de Fontainebleau. Dans les années 1840 s’y installe peu à peu une petite colonie d’artistes peintres. Ces jeunes gens, encore inconnus et souvent d’origine modeste, n’ont pas les moyens de louer un atelier à Paris. C’est à la campagne qu’ils se consacrent à leur art, menant l’existence frugale des pay­sans. Cette communauté ne forme pas une véritable école avec des théories et une doctrine bien définies, mais elle par­tage une même passion pour le spectacle de la nature. Les peintres de Barbizon se distinguent de leurs aînés par une approche nouvelle du paysage, rejetant les compositions idéales trop savamment apprêtées des peintres classiques et, bien qu’héritiers des romantiques, écartant les effets grandioses et pittoresques. Ils recher­chent une vision directe, privilégiant la sensibilité plutôt que l’expérience intel­lectuelle. Ils n’éprouvent pas le besoin de modifier la réalité mais cherchent au contraire à la déchiffrer. L’école de Bar­bizon renoue avec une certaine tradition du paysage; elle s’inspire de la tradition française du XVIIe siècle, des peintres hollandais tels que Ruysdael ou Hobbe- ma et, surtout, des paysagistes anglais, Constable, Turner, Bonington. Chaque artiste du groupe a son style propre. Théodore Rousseau est cepen­dant le plus représentatif; il a été le pre­mier à s’établir à Barbizon après avoir vu ses œuvres refusées au Salon. Amoureux passionné de la nature, il aime peindre des paysages dont l’homme est exclu, s’efforçant de saisir leurs aspects changeants aux différentes heures du jour. Le jeu de la lumière dans les fron­daisons le fascine. Harpignies, Dupré et Diaz de la Pefia affectionnent également les tableaux forestiers. Daubigny s’inté­resse plus spécialement aux reflets dans les eaux; sa barque-atelier sillonne riviè­res et canaux. Troyon et Jacque préfè­rent fixer les scènes champêtres. Corot, plus âgé que ses confrères, a déjà trouvé sa manière par un cheminement original. Mais il partage les vues du groupe et, bien qu’il séjourne rarement à Barbizon, on l’y rattache souvent. Quant à Millet qui vit au village, il se situe à l’écart: il veut avant tout célébrer la noblesse du paysan au travail. Or, c’est précisément le refus de l’anecdote qui caractérise l’école de Barbizon. En fixant les apparences, elle s’efforce de saisir le jeu complexe de la lumière et des couleurs, ouvrant ainsi la voie aux recherches de l’impressionnisme.

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