• L’amiral Darlan - 1881-1942

     

    L’amiral Darlan - 1881-1942

    Un chef discuté

    Le 5 mai 1940, le maréchal Pétain visite le quartier général de la Marine: «Enfin, je vois quelque chose qui marche. Je vous félicite, amiral», s’exclame-t-il à l’adresse de Darlan. Pourtant, celui-ci restera l’un des per­sonnages les plus controversés, voire les plus honnis de l’Etat français. François Darlan naît en 1881 dans une famille de marins. Sorti de l’Ecole navale en 1901, il participe à la campagne de Chine, à la Première Guerre mondiale pendant laquelle il combat en Lorraine, à Saloni- que, à Verdun, en Champagne et dans l’Argonne. Il est attaché militaire au ministère de la Marine, contre-amiral (1929), vice-amiral (1932). Il occupe encore quelques postes ministériels avant d’être nommé amiral de la flotte en 1939.

    Mais il aime par-dessus tout naviguer: «Mon esprit est bien loin du budget, des négociations... Je viens de respirer un air vif, pur, qui m’a totalement revigoré», écrit-il en 1930. Le 3 juillet 1940, il est ulcéré par l’attaque britannique de Mers el-Kébir, et son anglophobie pourrait dater de cette époque. Le 10 février 1941, Pétain le désigne officiellement comme son dauphin. Le 21, il lui décerne le titre de président du Conseil et le charge de former le nou­veau gouvernement. Darlan cumule les portefeuilles des Affaires étrangères, de la Marine et de l’information. Il réussit à dresser contre lui des hommes aussi divers que Churchill, qui le traite de «Quisling local», Roosevelt et Laval. Briand, en revanche, qui l’avait eu sous ses ordres, avait admiré son esprit mé­thodique, disant de lui: «Avec Darlan, tout devient clair.» De plus, durant les quatorze mois que dure son ministère, il ne cède aux Allemands sur aucun point essentiel et se montre infiniment plus ferme que Laval. Son accession à la vice-présidence coïncide avec le déclin politique de Pétain. Le cabinet de Dar­lan pèche par manque d’homogénéité: à la Guerre, on note la présence du géné­ral Huntziger, dont la mort, en novem­bre 1941, laisse les fonctions à Darlan; à l’Agriculture, le nom de P. Caziot; à la Justice, celui de J. Barthélémy. Certains secrétaires d’Etat sont presque des figu­rants, comme l’amiral Platon, aux Colo­nies. Plusieurs libéraux font également partie du cabinet. Ainsi, Moysset attire l’attention de l’amiral sur les dangers d’une «collaboration» trop poussée. Des remaniements ministériels vont per­mettre à Darlan de concentrer toujours plus de pouvoir entre ses mains.

     

    Le 24 décembre 1942, l’amiral est assassiné par un exalté, Fernand Bon- nier de La Chapelle. Aron a écrit de ce chef discuté: «Il (croyait) à la flotte, à la France et à Darlan.»

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