• L’affaire du Collier de la reine

     

    L’affaire du Collier de la reine

    Une ténébreuse affaire

    En 1784, le joaillier Bœhmer propose à Marie-Antoinette d’acquérir un collier de diamants qu’il a monté à son inten­tion et qui vaut 1600 000 livres. La reine refuse, vu le mauvais état des finances royales.

    Ayant gagné la confiance du cardinal- évêque de Strasbourg, le prince Louis de Rohan-Guémenée, une aventurière, la «comtesse» Jeanne de La Motte-Valois, transmet au prélat, comme venant de la reine, la mission de négocier secrète­ment l'achat du collier, payable en deux ans.

     

    La reine a jusqu’ici traité Rohan avec froideur; celui-là, désireux de rentrer en grâce, négocie avec Bœhmer. Le 24 jan­vier 1785, un accord est signé, et, le 1er février, le cardinal remet le collier à Jeanne de La Motte qu’il croit son inter­médiaire auprès de Marie-Antoinette. Mais la reine ne porte pas le joyau, n’honore pas sa signature; en effet, celle-ci est fausse: l’écriture de la reine a été imitée par le gazetier Rétaux de la Villette, amant de Jeanne. Quant au col­lier, il a été emporté, dépecé et vendu à Londres par le mari de celle-ci, Nicolas de La Motte, ex-gendarme. Cette énorme escroquerie n’est décou­verte que six mois plus tard. Un procès s’ouvre devant le parlement de Paris, le 30 mai 1786; il a un retentissement con­sidérable en France et en Europe; Ré­taux de la Villette est banni, La Motte est condamné aux galères par contuma­ce; quant à Jeanne de La Motte qui se prétend, puisqu’elle descend d’un bâtard d’Henri II, «la dernière des Valois», elle est fouettée en place publique, marquée au fer rouge et emprisonnée à la Salpê- trière; elle s’en évadera d’ailleurs en 1787 et rejoindra son époux à Londres. On reconnaît la bonne foi des victimes, Rohan et Marie-Antoinette; mais un malaise demeure: l’affaire est scandaleu­se; on émet des doutes; on parle d’énig­me. L’opinion est profondément trou­blée. A la lumière crue de cette escro­querie méprisable, les plus hauts person­nages du royaume apparaissent tels que les chansonnent les plus audacieux pamphlétaires: Rohan, grand dignitaire de l’Eglise, est-il donc un vulgaire intri­gant? La reine, malgré ses furieuses dé­négations, est-elle vraiment hors de cau­se? En vérité, elle a honoré de sa con­fiance la pseudo-comtesse de La Motte sans en deviner la mentalité suspecte. Victime de sa légèreté, elle paie une inconséquence qui atteint la dignité du trône.

    « L’assassinat de Jean Jaurès - 31 juillet 1914Le rappel du parlement - 1774 »

    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :