• L’affaire Boulanger - 1887-1891

     

    L’affaire Boulanger - 1887-1891

    Un grand maladroit

    Sorti de Saint-Cyr, Georges Boulanger, né à Rennes le 29 avril 1837, combat courageusement aux colonies et pendant la guerre de 1870. Sa carrière est bril­lante. Ambitieux, ayant le goût du pana­che, il affiche des sentiments républi­cains et, grâce à la recommandation de Clemenceau, il entre, en 1886, dans le cabinet Freycinet comme ministre de la Guerre. Sa prestance, son éloquence, sa sollicitude envers l’armée et d’excellen­tes réformes (adoption du fusil Lebel, amélioration du sort du troupier, entre autres) lui valent une immense populari­té, renforcée par son attitude énergique lors de l’incident Schnaebelé. Le général Boulanger se fait encore remarquer par son zèle républicain. Il oblige les sémi­naristes à faire leur service militaire et radie des cadres le duc d’Aumale. Inquiets, les républicains modérés profi­tent d’une crise ministérielle pour l’écar- ter et le nomment à la tête du 13e corps à Clermont-Ferrand. Le 8 juillet 1887, plus de 50000 personnes envahissent la gare de Lyon et tentent de s’opposer à son départ. Le général doit monter sur une locomotive haut le pied. Son départ ne fait que renforcer sa popularité. Tout Paris chante: «Il reviendra Boulange, Boulange!» A un moment où la Répu­blique est ébranlée par des scandales (affaire des décorations), Boulanger devient le chef d’une coalition hétérocli­te qui rassemble des radicaux aigris, des nationalistes impatients de la «revan­che», des bonapartistes et des orléanis­tes. Le boulangisme fait figure de syndi­cat des mécontents. Le gouvernement commet alors l’erreur de mettre le général à la retraite d’office, ce qui le rend éligible. A l’occasion d’élections partielles, Boulanger est élu aussi bien par des ruraux (Dordogne) que par des ouvriers (Nord). Le 27 jan­vier 1889, il est enfin élu triomphale­ment à Paris. En dépit de l’ardeur de ses partisans, du soutien de la police et de l’armée, Boulanger renonce à marcher sur l’Elysée, convaincu qu’il n’est pas besoin de s’emparer illégalement d’un pouvoir que la France lui donnera una­nimement six mois plus tard. Cette recu­lade entraîne la baisse du mouvement. La menace d’une arrestation pour cause de complot contre la sûreté de l’Etat amène le général à se réfugier à Bruxel­les. La Haute Cour le condamne alors à la détention. En exil, Boulanger soigne sa maîtresse, Mme de Bonnemain, qui meurt de tuberculose. Désespéré, il se suicide sur sa tombe, à Ixelles, près de Bruxelles, le 30 septembre 1891. Flambée sans lendemain en apparence, le boulangisme a renforcé l’antiparle­mentarisme, exalté le nationalisme et orienté la gauche vers l’antimilitarisme. Mais certaines réformes heureuses, pro­voquées par Boulanger, rendent injuste l’image d’Epinal qu’on a faite de lui.

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