• L’accord Laval Hoare - Décembre 1935

     

    L’accord Laval Hoare - Décembre 1935

    Un maquignonnage mal venu 

    Les visées de Rome sur l’Ethiopie remontent à la fin du XIXe siècle. Les Italiens se sont installés dans la région dès 1882 et se sont vu reconnaître, en 1889, la possession de l’Erythrée. Mais la défaite d’Adoua, en 1896, a mis pro­visoirement fin à leur expansion. Le fascisme ravive les revendications italiennes en Afrique orientale. En 1925, la Somalie italienne s’accroît de territoi­res cédés par les Britanniques. En dé­cembre 1934, Mussolini saisit la SDN d’un incident de frontière avec l’Ethio­pie. La SDN refuse de se prononcer. Or, en France, Pierre Laval a obtenu le portefeuille des Affaires étrangères. Dès lors, les données du problème vont changer. Laval, qui tente de poursuivre la politique de Briand envers l’Allema­gne, se sent limité face à Hitler; il cherche donc une entente avec le duce qui, en 1934, a signé le pacte à quatre avec les démocraties occidentales. Le 7 janvier 1935, il conclut avec Mussolini un accord qui met fin au contentieux colonial entre les deux pays: la France cède à l’Italie un vaste territoire proche du Tibesti; en échange, Rome renonce à la Tunisie. Ce traité prépare la rencon­tre de Stresa, où Mussolini s’oppose, comme la Grande-Bretagne et la Fran­ce, à toute modification par la force des frontières en Europe. Mussolini considère ces accords succes­sifs comme une sorte de blanc-seing pour envahir l’Ethiopie, ce qu’il fait le 3 octobre 1935. En France, la gauche, pour des raisons de sécurité collective, réclame des sanctions. Les gouvernements français et britannique cherchent, eux, à temporiser. Le 9 décembre, Samuel Hoare, secrétaire d’Etat au Foreign Office, suggère à Laval un com­promis: l’Ethiopie céderait des territoi­res importants à l’Italie, tandis que le négus garderait une certaine souveraine­té. Laval en accepte le principe. Ce fai­sant, il réussit à se mettre à dos le négus, mais aussi la SDN et même Mussolini. Sir Samuel Hoare doit démissionner. Quant à Pierre Laval, il obtient de peu la majorité le 27 décembre. Blum lui jette à la figure ces paroles: «Vous avez essayé de donner et de rete­nir... Vous avez annulé vos paroles par vos actes et vos actes par vos paroles. Vous avez tout altéré par la combinai­son, l’intrigue et l’entregent.» Le 22 jan­vier, Laval se retire sans avoir été mis en minorité. Mais son côté «maquignon», déjà dénoncé par Vincent Auriol, se confirmera en 1940. De toute manière, l’échec du plan Laval-Hoare n’empêche pas Mussolini de conquérir l’Ethiopie tout entière et avec des moyens dont souffrent beau­coup les Abyssins. Il satisfait également l’Allemagne qui s’inquiète de tout rap­prochement franco-italien 

     

     

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