• Jean-Honoré Fragonard

     

    Jean-Honoré Fragonard

    Un certain "esprit français"

     

    Né à Grasse dans une famille de com­merçants aisés installés à Paris vers 1738, Jean-Honoré Fragonard est d’abord saute-ruisseau chez un notaire. Sans goût pour la basoche, il entre en apprentissage dans l’atelier de Chardin (1746), puis dans celui de Boucher où il demeure jusqu’en 1752. Ensuite, élève de Van Loo, le jeune Fragonard, d’une grande virtuosité, s’essaie à tous les gen­res. Il a copié et étudié Rembrandt et Rubens au Luxembourg; il découvre les Vénitiens et Tiepolo lorsqu’il est, de 1756 à 1761, pensionnaire de l’Acadé- mie de France à Rome. Parcourant l’Italie de Bologne à Parme, de Gênes à Naples, visitant la campagne romaine, il s’initie au paysage: Les Cascatelles- Tivoli (1760) sont typiques de cette pé­riode au cours de laquelle il se lie avec Hubert Robert et Greuze. Rentré à Paris où, depuis son grand prix de Rome, il n’est pas un inconnu, il assoit sa réputation définitive en entrant à l’Académie (1765). Recherché des ama­teurs, introduit dans la vie mondaine, Fragonard commence à se spécialiser dans les scènes de genre «piquantes», qui plaisent à sa clientèle d’actrices et de riches fermiers généraux. L’Escarpolet­te, L’Heure du berger, Le Verrou, La Chemise enlevée, Le Boudoir, La Gimblette, entre autres motifs «risqués», ont fait la réputation de libertinage de Fra­gonard et l’ont assimilé à une image du XVIIIe siècle, qui correspond à celle d’un certain «esprit français» vif, gra­cieux, élégant, un peu frivole, délicieuse­ment moqueur. Encensé par ses contem­porains, Fragonard travaille pour la Guimard (la célèbre danseuse de l’Opéra), pour Mme du Barry (panneaux des­tinés au château de Louveciennes), pour le duc de Penthièvre (La Fête de Saint- Cloud).Après 1773, à la suite d’un second voyage en Italie, Fragonard abandonne les sujets légers pour les portraits (de l’abbé de Saint-Non, de Diderot, etc.) et pour des scènes familiales et rustiques d’inspiration rousseauiste (Les Baisers maternels, Visite à la nourrice). Le marivaudage fait place aux sentiments (Le Vœu à l’amour, Le Sacrifice à la rose). A mesure qu’on avance vers la période révolutionnaire, la vertu devient à la mode. En 1793, protégé par David, devenu le «père Frago», le peintre de L’Escarpolette est nommé directeur du futur Conservatoire des Arts et, en 1798, membre du jury du musée central des Arts. Sous l’Empire, il est logé au Palais-Royal et on l’oublie. Bien que ses œuvres aient été largement vulgarisées par la gravure et le chromo, la vraie gloire de Fragonard ne date que du milieu du XIXe siècle. C’est alors qu’on reconnaît son extraordinaire mé­tier, le merveilleux trait de ses dessins et de ses sépias, la discrétion harmonieuse de ses couleurs, sa spontanéité, son allé­gresse. Il est un des grands maîtres de la peinture française de Louis XV à Napoléon Ier 

     

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