• Jacques Cœur - 1395-1456

    Jacques Cœur - 1395-1456

    Un tumultueux brasseur d’affaires

    Jacques Cœur naît à Bourges en 1395, dans une ville enrichie par la draperie et les fastueuses dépenses du duc Jean de Berry, frère de Charles V. L’installation à Bourges du dauphin, futur Charles VII, ouvre de belles perspectives à la bourgeoisie berrichonne, en particulier au jeune Jacques Cœur. Ce dernier affermit sa position en épousant la petite-fille d’un ancien maître des mon­naies; il entre dans une société marchan­de travaillant pour la cour.

    En 1438, il devient grand argentier du roi auquel il consent de longues avan­ces. En échange, il reçoit d’importantes charges qui lui permettent d’utiliser à son profit les services publics.

    Fort de la protection du roi, il est autori­sé à commercer avec Alexandrie et les côtes barbaresques; il s’appuie sur les Génois, le roi d’Aragon et le Saint-Siège pour commercer avec l’Islam. En 1443,

    il  se fait construire un somptueux hôtel particulier dans sa ville natale.

    En 1444, il est au faîte de sa puissance; ses amis accèdent au pouvoir grâce à l’appui d’Agnès Sorel, favorite du roi. En 1447, on émet une pièce d’argent stable, appelée «gros de Jacques Cœur». Le financier étend ses activités vers la Flandre, l’Angleterre et la Normandie, zones productrices de draps; il envisage de faire transiter par la France tout le commerce entre Europe du Nord et Mé­diterranée et, en 1451, crée une compa­gnie à cet effet. Mais son «grand projet» tourne court: des marchands touran­geaux et montpelliérains se coalisent pour lui arracher la charge de grand argentier qui lèse leurs intérêts.

    Après la mort d’Agnès Sorel, les aristo­crates de la cour se dressent aussi contre Jacques Cœur qui symbolise l’arrivisme de la bourgeoisie et dont presque tous les membres du Conseil du roi sont les débiteurs. Le roi lui-même commence à redouter la puissance de son ministre dont la fortune s’est faite, en partie, au détriment du Trésor royal. En outre, Charles VII a besoin d’argent pour financer sa campagne de Guyen­ne; il cède aux pressions de son entoura­ge et, le 31 juillet 1451, ordonne l’arres­tation de Jacques Cœur.

    En 1453, celui-ci est reconnu innocent de la mort d’Agnès Sorel, mais il est condamné pour trafics illicites et détour­nements de fonds aux dépens du Tré­sor; ses biens sont confisqués; il doit restituer 100000 écus à Charles VII et payer une amende de 300000 écus.

    En 1454, Jacques Cœur s’évade de sa prison de Poitiers. Il offre ses services au pape qui lui confie un commande­ment dans la flotte opposée aux Turcs en Méditerranée.

     

    C’est à Chio, en 1456, que Jacques Cœur achève sa vie extraordinaire.

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