• Georges-Jacques Danton

    Georges-Jacques Danton

     

    Un tribun trop naif

    «Sanson, tu montreras ma tête au peu­ple, elle en vaut la peine», lança Danton au bourreau au moment de se laisser lier sur l’échafaud. La figure énergique du tribun, sa stature athlétique, sa voix ton­nante, tout révélait en lui un tempéra­ment de lutteur. Né le 28 octobre 1759, à Arcis-sur-Aube, Georges-Jacques Danton est encore un avocat besogneux lorsque éclate la Révolution; il en adop­te les principes avec fougue et fonde le club des Cordeliers. Sa popularité grandit quand, après l’affaire de Varen- nes, il réclame la déchéance du roi. En 1792, substitut du procureur de la Com­mune de Paris, il joue un rôle important dans la préparation de l’assaut contre les Tuileries.

    La monarchie tombée, il est nommé ministre de la Justice avec place prépon­dérante dans le Conseil exécutif provi­soire. Ce patriote fervent galvanise le pays lors de l’invasion étrangère, mais il tolère — sinon autorise — les massa­cres de Septembre. Elu député de Paris à la Convention, il siège avec la Monta­gne, mais souhaite établir l’union entre les partis et tend la main aux Girondins. L’accord est repoussé: le tribun débrail­lé et jouisseur est, en effet, exécré par Mme Roland. A l’Assemblée, les Giron­dins demandent à l’ancien ministre ses comptes de dépenses. La question est indiscrète: Danton serait bien incapable de dire où passe l’argent qui lui coule entre les doigts! Sa vénalité, jadis soup­çonnée, semble aujourd’hui prouvée.

     

    En cette fin d’année 1792, le tribun dési­re sans doute sauver le roi, mais, le pro­cès commencé, il vote la mort. A cette heure tragique pour la nation, toutes ses préoccupations vont aux frontières. Il est d’ailleurs chargé d’aller «révolution­ner» la Belgique. Pour défendre le pays, il contribue à la création du Comité de Salut public — dont il fait aussitôt par­tie —, à la levée des troupes, à l’établis­sement du Tribunal révolutionnaire. Cependant, Robespierre juge que le Comité fait preuve de mollesse révolu­tionnaire et en exclut Danton. Celui-ci commet alors l’erreur de quitter Paris avec sa jeune femme. En son absence, sa popularité baisse. A son retour, il ne cache pas combien il est las de la Ter­reur et engage Camille Desmoulins à prêcher l’indulgence dans son journal Le Vieux Cordelier, ce qui accroît l’hostilité de Robespierre. Il travaille pourtant, avec ce dernier, à éliminer les hébertistes, mais, peu après, il est accusé de conjuration et refuse de fuir: «On n’emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers.» Arrêté le 31 mars 1794, il est jugé avec Desmoulins et d’autres prétendus «complices». Le Tribunal, craignant son éloquence, l’empêche de se défendre, et il est guillotiné avec ses amis le 5 avril 1794.

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