• Gaspard de Coligny

    Gaspard de Coligny

    Un héros protestant

    «Le chef protestant sort de son lit de bon matin, prend sa robe de chambre, se met à genoux avec les assistants, fait sa prière en la forme accoutumée aux Eglises de France. Il donne ensuite audience aux députés des Eglises et trai­te des affaires publiques, puis entend le prêche et, un jour sur deux, le chant des psaumes...»

    Telle est, d’après un contemporain du XVIe siècle, la vie du grand capitaine Gaspard de Coligny, né à Châtillon-sur- Loing en 1519, troisième fils du maré­chal de Châtillon et de Louise de Mont­morency. En 1534, Gaspard de Coligny fait campagne en Flandre, où il est bles­sé; en 1557, il combat les Espagnols aux Pays-Bas et défend Saint-Quentin. Fait prisonnier, il est relâché après le traité de Cateau-Cambrésis (1559). Nommé amiral, il tente trois essais de colonisa­tions en Amérique, l’une au Brésil (1552), les autres en Floride (1562, 1565), où il rencontre l’hostilité espa­gnole.

    Homme de foi et chef militaire, Coligny prend la tête de la Réforme française. A l’origine d’inspiration évangélique, le protestantisme français devient, après la mort d’Henri II, une force politique; en effet, la noblesse est entrée dans ses rangs, face à l’autorité précaire des monarques que domine la reine mère Catherine de Médicis. Coligny tente d’obtenir du faible Charles IX la recon­naissance de la liberté de culte pour ses coreligionnaires, soit par la guerre, soit par la négociation; il participe, avec plus ou moins de bonheur, aux campagnes menées autour de Paris, dans POuest et dans le Midi, où la Réforme a fait d’importants progrès.

    Son destin se noue en 1572: admis à la cour, présent au Conseil, Coligny prend un certain ascendant sur le jeune Char­les IX. Patriote, affligé par les guerres de religion qui ruinent le pays, il souhai­te réunir les fidèles des deux confessions dans une action commune contre l’enne­mi extérieur, le roi d’Espagne Philippe II. Une occasion s’offre: soutenir les ré­voltés des Pays-Bas; c’est la guerre exté­rieure substituée à la guerre civile. Jalouse et inquiète, voyant son pouvoir lui échapper, Catherine de Médicis tente de faire assassiner Coligny par Maure- vert, ancien «tueur du roi». L’affaire échoue. Charles IX veut venger celui qu’il appelle «son père», mais, dans la nuit du 23 au 24 août, le massacre de la Saint-Barthélemy entraîne la mort de l’amiral, tué, seul et debout, en son hôtel de Ponthieu.

    Jugé à titre posthume, il est déclaré «cri­minel de lèse-majesté... chef principal d’une conspiration contre le roi et son Etat». Son corps est suspendu au gibet de Montfaucon. Réhabilité, l’amiral de Coligny apparaît aujourd’hui comme un pur patriote, opi­niâtre et obstiné, victime des intrigues de cour autant que des passions populaires.

     

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