• Fénelon - 1651-1715

    Fénelon - 1651-1715

    Le cygne de Cambrai

     

    De famille peu fortunée mais de haute noblesse, François de Salignac de La Mothe-Fénelon sort, en 1674, du sémi­naire de Cahors. Prêtre de Saint-Sulpice à Paris, il est nommé supérieur des Nou­velles Catholiques, pour l’enseignement des femmes protestantes converties. Au lendemain de la révocation de l’édit de Nantes, en 1685, ses dons de douceur persuasive sont à nouveau utilisés. Il est envoyé en mission d’apaisement en Aunis et en Saintonge. Le jeune abbé de Fénelon, disciple et protégé de Bossuet, son aîné de 24 ans, a écrit, en 1684, un Traité de l’éduca­tion des filles. Mme de Maintenon s’en inspire pour le règlement de l’école de Saint-Cyr qu’elle fonde en 1687. Deux ans plus tard, Fénelon est nommé pré­cepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Pour son élève, il compo­se de nombreux ouvrages: Contes, Fables, Dialogues des morts, Les Aven­tures de Télémaque, Examen de cons­cience d’un roi et Les Tables de Chaulnes, véritable plan de gouvernement, courageusement réformateur. Elu à l’Académie en 1693 et nommé archevêque de Cambrai en 1695, Féne­lon va connaître des années difficiles. Un différend le sépare de Bossuet au sujet du quiétisme. Par l’intermédiaire de Mme Guyon qu’il a rencontrée vers 1688, Fénelon a été séduit par la doctri­ne du théologien espagnol Michel de Molinos. Cette mystique de l’abandon total de l’âme en Dieu préconise la pas­sivité, la démission de la volonté person­nelle en échange d’une sérénité parfaite. Fénelon entreprend de s’en faire le pro­pagandiste par ses écrits et par des sé­ries de conférences. Alerté, Bossuet accuse son ancien disciple d’hérésie; il lui demande de signer un formulaire pré­cisant, en 24 articles, le dogme du «pur amour». En décembre 1695, Mme Guyon est arrêtée; en 1696, Fénelon se défend en publiant ses Maximes des saints sur la vie intérieure. La lutte entre les deux prélats se poursuit pen­dant deux ans. Bossuet attaque par sa Relation sur le quiétisme, Fénelon se justifie par une Réponse à la relation. Finalement, c’est Bossuet qui gagne. Le mars 1699, le pape condamne le quiétisme comme hérésie. En catholique respectueux, Mgr de Cambrai se sou­met, gardant en son cœur le rêve d’une religion moins formaliste. Il se retire dans son évêché. Il travaille à son Traité de l’existence de Dieu de 1705 à 1712. En 1714, il écrit encore une Lettre à l’Académie, prenant position dans la querelle des Anciens et des Modernes. Jamais il ne reviendra à Versailles. En 1712,1a mort de son ancien élève, le duc de Bourgogne, lui a enlevé tout espoir de rentrer en grâce.

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