• Boileau - 1636-1711

     

    Boileau - 1636-1711

    Le législateur du classicisme

    Nicolas Boileau, dit Despréaux (du nom de l’une de ses terres), naît à Paris dans une famille bourgeoise aisée. Son père est greffier à la grande Chambre du par­lement. Elève des collèges les meilleurs, Harcourt et Beauvais, destiné à la prê­trise, il choisit le droit. Reçu avocat en 1656, il hérite de son père une petite for­tune qui lui permet de se consacrer entièrement aux lettres. Il se lie avec les jeunes écrivains de sa génération, La Fontaine, Chapelle, Molière, Furetière et, plus tard, Racine dont il sera le meil­leur conseiller. Sa verve s’exerce contre les écrivains qu’il estime mauvais; il ré­cite ses premiers vers dans les cabarets qu’il fréquente joyeusement avec ses amis. Les Satires (genre imité de Juvénal) passent d’abord de main en main, avant d’être publiées tout au long de la vie de l’auteur, de 1665 à 1711. Moraliste pamphlétaire, Boileau s’attaque aux ridicules de ses contemporains, qu’ils appartiennent à la noblesse (Satire V), à la vie parisienne, dont il donne des tableaux pittoresques dans les Satires /// et VI, ou au monde littéraire (Sati­res II et IX). Le Lutrin (1673), long poème burlesque, pastichant le style épi­que, se rattache aux Satires. D’un style moins alerte, plus sérieux, les Epîtres (1663-1695) sont des considéra­tions morales et psychologiques. La plus célèbre, Sur l’utilité des ennemis, a été adressée à Racine au moment de la cabale contre Phèdre. En 1674, L’Art poétique, en quatre chants, œuvre prin­cipale de Boileau, contient ses théories sur l’art d’écrire et de rimer selon l’esprit du XVIIe siècle. C’est une sorte de recette du beau et du bon langage. Alors viennent réussite et honneurs offi­ciels: en 1675, Boileau reçoit une pen­sion du roi; en 1677, il est nommé son historiographe. Comme Racine, il accompagne Louis XIV dans ses cam­pagnes de Lorraine et de Flandre, de 1678 à 1685. Il est reçu à l’Académie en 1684. Les besognes de cour l’obligent, pendant un certain temps, à renoncer à la poésie. Aux défaillances de sa santé (asthme et surdité) s’ajoute, en 1699, le chagrin de voir mourir Racine, son col­lègue et ami. Le vieux lion se réveille lors de la fameu­se querelle des Anciens et des Moder­nes. Boileau, dont l’autorité littéraire est toujours considérable, reprend la plume et polémique vigoureusement contre Charles Perrault, le chef des Modernes, dans les Réflexions critiques sur quel­ques passages de Longin (1693-1710). Pour Boileau, il ne s’agit pas d’être un imitateur des Anciens; la pensée doit être moderne mais exprimée selon les formes des grandes œuvres respectées depuis des siècles. Poète de la clarté, de la raison, de la vérité, théoricien du clas­sicisme français, Boileau reste le symbo­le de l’art littéraire du Grand Siècle.

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