• Bernardin de Saint-Pierre

     

    Un disciple de Rousseau 

     

    au Havre, élève, à Caen, des jésuites, Jacques-Henri Bernardin de Saint- Pierre, grand lecteur de Robinson Cru- soé, s’embarque à 12 ans pour la Marti­nique sur un bateau commandé par son oncle; il traverse une crise mystique, puis étudie les mathématiques et entre, en 1757, à PEcole des ponts et chaus­sées. Officier-ingénieur surnuméraire, il participe à la guerre de Sept Ans, tient garnison à Forbach, mène la vie des camps. A partir de 1762, il fait son tour d’Europe: Hollande, Russie — où il ga­gne dans les armées de Catherine II ses galons de capitaine du génie —, Polo­gne, Allemagne, Autriche. Rentré en France en 1767, il est nommé capitaine- ingénieur du roi à l’île de France, aujourd’hui île Maurice, où il réside jus­qu’en 1771.

     

    A son retour en France, Bernardin de Saint-Pierre publie Le Voyage à l’île de France (1773); il fréquente les salons lit­téraires et se lie avec les encyclopédis­tes; mais son meilleur ami est le vieux Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il herborise et dont il partage la philoso­phie sur la pureté de l’homme primitif et l’organisation providentielle du monde. Les Etudes de la nature (1784) lui apportent la célébrité, grâce surtout au récit du tome IV, Paul et Virginie. Le succès est extraordinaire: les femmes se coiffent «à la Virginie»; on grave, on peint, on cisèle les scènes les plus tou­chantes de cette pastorale enfantine. La Révolution ne fait qu’accroître cette gloire. L’auteur, qui a salué les temps nouveaux dans Les Vœux d’un solitaire (1789), est nommé intendant du Jardin des Plantes (1792); il est chargé de la chaire de morale à l’Ecole normale (1794), reçu à l’Académie où André Chénier lit l’éloge de Paul et Virginie. Napoléon, qui se souvient que Bernar­din de Saint-Pierre a été l’auteur préféré de sa jeunesse, le pensionne. Marié deux fois sur le tard, Bernardin de Saint- Pierre termine sa vie paisiblement sur les bords de l’Oise. En 1790, il a publié deux contes: Le Café de Surate et La Chaumière indienne.

     

    Ses Harmonies de la nature (1796), suite et développement des Etudes de la nature, sont moins romanesques, mais c’est là qu’il développe les thèmes de son finalisme naïf.

     

    Idéaliste, utopique, croyant comme Rousseau à la bonté foncière de l’hom­me et à l’effet corrupteur de la société, rêvant au retour d’un «âge d’or» fait de pureté et de vertu, Bernardin de Saint- Pierre n’a pu que plaire aux amoureux de La Nouvelle Héloïse. Miroir de Rousseau, il reflète fidèlement son épo­que: son «naturisme», sa sensiblerie ver­beuse et moralisante se retrouvent chez les jeunes orateurs révolutionnaires. Mais ses descriptions colorées et son exubérance annoncent Chateaubriand et le romantisme; son art de dépayser a ouvert la voie au roman exotique.

     

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