• Alexandre Millerand

    Alexandre Millerand

    De la gauche à la droite

    Avocat, Alexandre Millerand, né à Paris le 10 février 1859, est d’abord collabo­rateur de Clemenceau à La Justice. Elu député en 1885, il siège à l’extrême gauche comme socialiste indépendant, avant de définir, en 1896, dans son célè­bre discours de Saint-Mandé, un pro­gramme éloigné du marxisme et suscep­tible de rassembler toutes les tendances socialistes: entente internationale des travailleurs, socialisation des moyens de production, conquête du pouvoir par le suffrage universel. Sans en référer à son parti, il entre, en 1899, dans le cabinet Waldeck-Rousseau comme ministre du Commerce. Il se sépare du parti socia­liste unifié, hostile à toute collaboration avec l’Etat bourgeois, et, tout en réaffir­mant son attachement au socialisme ré­formiste, il se rapproche de la droite. Il accepte le portefeuille de la Guerre dans les cabinets Poincaré (1912-1913) et Viviani (1914-1915).

     

    Au lendemain de la guerre, en 1919, Millerand devient un des chefs du «Bloc national» dont il a fixé le programme: maintien de l’Union sacrée, application stricte du traité de Versailles. Chef du gouvernement en 1920, il lutte contre les grèves, tente de juguler l’inflation et ré­tablit les relations diplomatiques avec le Vatican. Après la démission de Descha- nel, il est élu président de la République le 24 septembre 1920 par 695 voix sur 892. Millerand entend jouer un rôle effectif. Il nomme chef du gouvernement son ami Georges Leygues (remplacé par Briand le 16 janvier 1921). Bien qu’étranger au catholicisme, Millerand poursuit la politique religieuse qu’il a inaugurée comme président du Conseil. Mais c’est surtout en politique étrangère qu’il montre sa volonté d’action person­nelle. Adversaire de la détente avec l’Allemagne, il désapprouve les conces­sions de Briand à la conférence de Can­nes et l’accule à la démission (janvier 1922). Il le remplace par Poincaré qu’il soutient lors de l’occupation de la Ruhr. Mais Poincaré, juriste pointilleux, n’approuve pas les conceptions de Mil­lerand sur les pouvoirs présidentiels. Or, celui-ci va sortir de son rôle d’arbitre lors de la campagne électorale de 1923. Face au cartel des gauches, dont les chefs sont Herriot et Painlevé, le «Bloc national» s’est usé. Le 14 octobre 1923, par son retentissant discours d’Evreux, Millerand s’affirme comme chef de la droite et demande des retouches à la Constitution. Aussi, en mai 1924, la victoire du cartel est-elle interprétée comme une défaite du président. La nouvelle majorité, dirigée par Herriot, l’accuse d’outrepasser ses pouvoirs et entame une «grève des ministres». Excé­dé, Millerand se retire le 11 juin 1924. Réélu sénateur en 1925, il se refusera à tout rôle politique important et mourra le 6 avril 1943.

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