• Abbé SIEYES - 1748-1836

     

    Abbé SIEYES - 1748-1836

    L’oracle de la Révolution

    C’est à Fréjus, sa ville natale, que Sieyès acquiert, chez les jésuites, la formation qui le prépare à la carrière sacerdotale qu’il embrasse moins par vocation que pour plaire à sa famille. Entré au sémi­naire de Saint-Sulpice, il y est ordonné prêtre à l’âge de 24 ans. Nommé chanoine à Tréguier en 1775, il suit son évêque à Chartres. Profondé­ment déçu par son état ecclésiastique qui ne lui convient pas, il se met à rédi­ger des brochures et des réflexions sur l’état politique de la France à la veille de la Révolution. Il publie un libelle sur le tiers état, où l’on trouve les célèbres for­mules: «Qu’est-ce que le tiers état?» — «Tout.» — «Qu’a-t-il été jusqu’à pré­sent dans l’ordre politique?» — «Rien.» — «Que demande-t-il?» — «A devenir quelque chose.» Ce pamphlet a un pro­fond retentissement. Aussi l’abbé Sieyès est-il élu facilement député du tiers aux états généraux qu’il contribue à transformer en Assemblée nationale. Il n’y prononce guère de dis­cours, préférant travailler dans les com­missions où il met ses lumières au servi­ce de la Révolution. Le 20 juillet 1789, il rédige un premier projet de Déclaration des droits de l’homme; il travaille aussi à la réforme de la justice et devient pré­sident de l’Assemblée. Il ne fait pas partie de la Législative mais, en 1792, il entre à la Convention où il vote la mort du roi. Au cours des années 1793-1794, il se tient dans l'ombre: quand on lui demandera com­ment il a traversé la Terreur, il pourra répondre par la saillie bien connue: «J’ai vécu.» Il tente de rédiger la Constitution de l’an III, mais on ne retient pas ses propositions. Elu au Conseil des Cinq- Cents dont il devient président, il est dé­signé par le Directoire comme plénipo­tentiaire à Berlin en 1798, afin d’obtenir la neutralité de la Prusse dans le conflit qui oppose France et Autriche. Il devient directeur le 16 mai 1799 en rem­placement de Rewbell, puis président de l’exécutif le 19 juin. Bonaparte, qui connaît ses capacités de diplomate et de juriste, le gagne au com­plot du 18-Brumaire et lui confie la ré­daction de la Constitution de l’an VIII; mais il l’écarte ensuite de la réalité du pouvoir, tout en le couvrant d’honneurs, de terres et d’argent. Il en fait le prési­dent du Sénat et le nomme grand offi­cier de la Légion d’honneur en 1804. A cette même date, Sieyès, qui est aussi membre de l’institut, entre à l'Académie française. Il devient enfin comte d’Empi- re en 1808. Proscrit comme régicide sous la seconde Restauration, il s’exile à Bruxelles et ne regagne la France que sous la monarchie de Juillet.

    « Le duc de Morny - 1811-1865La Charbonnerie en France - 1821-1822 »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :